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Adonis

Adonis j'ai rêvé d'Adonis
Et lorsque j'avais seize ans j'imaginais souvent
Quel délice vivre au temps d'Adonis
Et pouvoir un seul instant le voir et le connaître
Cet amour de toujours un beau jour
S'est vite envolé quand je t'ai rencontré
Adonis tu n'es pas Adonis
Mais tu l'as bien remplacé car tu as su me plaire

La, la, la, la, la, la, la, la, la
Candide, solide, splendide
Tu es comme cela tout cela à la fois
Sans malice tu es mieux qu'Adonis
Tout au moins moi je le crois
Puisque c'est toi que j'aime
Adonis, Adonis...

chanson interprété par Dalida, la musique de F. Bonifay, G. Goehring, E. Warren, vers de F. Bonifay, G. Goehring, E. Warren (1959)Signalez un problèmeDes citations similaires
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Déclaration

L'amour que je sens, l'amour qui me cuit,
Ce n'est pas l'amour chaste et platonique,
Sorbet à la neige avec un biscuit;
C'est l'amour de chair, c'est un plat tonique.

Ce n'est pas l'amour des blondins pâlots
Dont le rêve flotte au ciel des estampes.
C'est l'amour qui rit parmi des sanglots
Et frappe à coups drus l'enclume des tempes.

C'est l'amour brûlant comme un feu grégeois.
C'est l'amour féroce et l'amour solide.
Surtout ce n'est pas l'amour des bourgeois.
Amour de bourgeois, jardin d'invalide.

Ce n'est pas non plus l'amour de roman,
Faux, prétentieux, avec une glose
De si, de pourquoi, de mais, de comment.
C'est l'amour tout simple et pas autre chose.

C'est l'amour vivant. C'est l'amour humain.
Je serai sincère et tu seras folle,
Mon coeur sur ton coeur, ma main dans ta main.
Et cela vaut mieux que leur faribole!

C'est l'amour puissant. C'est l'amour vermeil.
Je serai le flot, tu seras la dune.
Tu seras la terre, et moi le soleil.
Et cela vaut mieux que leur clair de lune!

poésie de Jean RichepinSignalez un problèmeDes citations similaires
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C'était ores, c'était qu'à moi je devais vivre,

C'était ores, c'était qu'à moi je devais vivre,
Sans vouloir être plus que cela que je suis,
Et qu'heureux je devais de ce peu que je puis
Vivre content du bien de la plume et du livre.

Mais il n'a plu aux dieux me permettre de suivre
Ma jeune liberté, ni faire que depuis
Je vécusse aussi franc de travaux et d'ennuis,
Comme d'ambition j'étais franc et délivre.

Il ne leur a pas plu qu'en ma vieille saison
Je susse quel bien c'est de vivre en sa maison,
De vivre entre les siens sans crainte et sans envie :

Il leur a plu (hélas) qu'à ce bord étranger
Je visse ma franchise en prison se changer,
Et la fleur de mes ans en l'hiver de ma vie.

poésie de Joachim du BellaySignalez un problèmeDes citations similaires
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Revivre

J'essaie depuis toujours,
-Il est un reve esquis
Tout un et sans repit-
On sait, le monde en court.

On court la faire passer;
Une vie les cles en main...
C'est fou, on veut la fin
Qu'on pense reinventer.

Il nous reste que l'amour
Qui peut garder le temps;
Je le vis chaque instant,
C'est lui mon alentour.

Je me suis fait serment;
Faire de la vie, lavoire,
-Donnant pour en avoir-
Tout coule, se recyclant.

Retour n'existe pas...
L'amour, je le partage,
Sera mon seul ancrage...
L'âme perpetuera.

poésie de Daniel Aurelian Rădulescu (10 juillet 2010)Signalez un problèmeDes citations similaires
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Le Vieux Priseur

Le plus grand priseur de la terre
Était bien le père Chapu,
Bonhomme rougeaud et trapu,
Rond d’allure et de caractère.

Certes ! la poudre tabagique
Aucun ne la dégusta mieux,
Avec plus d’amour que ce vieux
Dont c’était le trésor magique.

Oui ! c’était sa joie et sa force.
On le voyait s’épanouir
Quand le couvercle à bout de cuir
Découvrait sa boîte en écorce.

Il l’avait là, comme son âme,
Dans la poche de son gilet.
Il disait, quand il en parlait,
« Plutôt q’d’ell’ je m’pass’rais d’ma femme. »

Pour son vieux nez sa large prise
Qu’il aspirait jusqu’au cerveau
Avait l’attrait toujours nouveau,
Était sans cesse une surprise.

Ayant ouvert sa tabatière,
Coudant un doigt, dans les deux bouts
Il tapotait à petits coups,
Pour dégrumeler la poussière.

Puis, entre l’index et le pouce,
Il pinçait dans un plongement
Sa prise que, dévotement,
Il reniflotait, lente et douce.

Un éclair de béatitude
Parcourant alors tous ses traits
Faisait rire ses yeux distraits,
Illuminait sa face rude.

« Hein ? chez vous l’habitude est forte,
Dis-je, un jour, au père Chapu.
Comment ça vous est-il venu ? »
Et le vieux parla de la sorte :

« Jeun’ j’étais pourtant pas tout bête,
Mais, faut croir’ que c’était un sort :
Je n’faisais q’penser à la mort,
J’avais mon cercueil dans la tête.

Dans les champs, à la métairie,
Tout seul, comme avec d’aut’ garçons,
Tell’ qu’un’ fièv’ qu’arrive en frissons,
Subit’ment m’prenait c’te song’rie.

J’avais beau travailler q’plus ferme,
Chanter fort, m’donner du mouv’ment,
J’étais mangé par mon tourment,
L’jour, la nuit, ça n’avait pas d’terme.

Et puis, sans que j’boiv’, sur ma vue
Yavait comm’ les brouillards du vin,
Sans êtr’ sourd, j’entendais pas fin,
Et j’avais la langue r’tenue.

J’fumais ben comm’ ça quéq’ pipette,
Mais c’tabac-là n’me valait rien.
Si tell’ment qui m’faisait pas d’bien
Qui m’rendait malade et pompette.

V’là q’prenant mes bott’, un dimanche,
J’m’en fus trouver dans sa forêt
L’charbonnier qui soignait d’secret :
Un grand homm’ noir à barbe blanche.

J’lui racontai tout’ mon histoire.
Et ses parol’ tell’ de c’jour-là,
Ya pourtant trente ans d’ça, les v’là !
Ell’ n’ont pas quitté ma mémoire :

« D’abord, qui m’dit, c’t’homm’ solitaire,
Vous êt’ fermier ? Soyez pêcheur !
Vivez dans les creux d’la fraîcheur,
Et fouillez l’onde au lieu d’la terre.

À c’métier-là, moi, je l’devine,
Vous d’viendrez plus astucieux.
C’est la nuit qui fait les bons yeux,
Et l’silenc’ qui rend l’oreill’ fine.

Quant à vot’ parol’ paresseuse,
Tant mieux pour vous ! vous risquez moins
D’vous compromet’ devant témoins,
La langue est toujours trop causeuse.

Maint’nant, v’lez-vous une âm’ rentière
D’la plus parfait’ tranquillité ?
Dev’nez un priseur entêté,
Un maniaq’ de la tabatière.

Avec ça, vous n’s’rez plus sensible
À tout’ ces peurs de trépasser,
Vous attendrez, pour y penser,
Q’vot’ jour soit v’nu : l’plus tard possible ! »

Dam’ ! dès l’lendemain, yeut pas d’méprise,
Le pêcheur remplaça l’bouvier ;
J’troquai la bêch’ pour l’épervier,
Et la fumade cont’ la prise.

D’abord, j’aimai pas trop la chose,
J’en fus curieux p’tit à p’tit ;
Puis, mon nez en eut l’appétit...
J’agrandis la boîte et la dose.

Dans mon tabac, moi, j’mets pas d’fève,
Comm’ de l’eau dans l’vin, ça l’chang’ tout.
Je l’veux net ! qu’il ait son vrai goût !
Et tous vos parfums ça yenlève.

Ah oui ! c’t’habitud’-là m’attache,
I’m’faut ma pris’ ! j’conviens q’mon nez
En a les d’sous tout goudronnés,
Qu’on dirait, des fois, un’ moustache...

C’est pas la propreté suprême,
Bah ! on s’mouch’ mieux et plus souvent,
Et puis, l’grand air, la pluie et l’vent
Vous rend’ ben ragoûtant quand même.

Ell’ sont aussi joint’ qu’ell’ sont grosses
Mes queues d’rat. Dans leur profondeur
L’tabac s’tient frais, gard’ son odeur,
Tel que du limon dans des fosses.

J’m’ai moi seul appris à les faire :
Queq’ petits clous fins d’tapissier,
Un bout d’pelur’ de bon c’risier,
Deux d’bois blanc, un d’cuir, font l’affaire.

J’en fabrique pour d’aut’ ! quand l’vent rêche
Empêch’ tout l’gros poisson d’mouver,
J’m’amuse à les enjoliver,
Pendant c’temps-là l’épervier sèche.

L’sorcier m’avait pas dit d’mensonges,
J’prends à mon aise, en vivant bien,
L’homm’ tel qu’il est, l’temps comme i’ vient,
Et la paix des chos’ fait mes songes.

Oui ! sauf les affair’ de la pêche
Où q’mon esprit combin’ des coups,
J’rêve aussi douc’ment q’les cailloux
Quand i’ sont léchés par l’eau fraîche.

Certain’ fois q’ma b’sogne est confuse
J’en r’nifle un’ qui m’donne un conseil,
M’désengourdit, m’tient en éveil,
Et m’fournit du cœur et d’la ruse.

Comme aussi, lorsque j’fais une pause
Sur queq’ rocher gris pour fauteuil,
Un’ bonn’ pris’ me met mieux à l’œil
Le feuillag’ qui tremble ou qui r’pose.

Et puis, vous parlez, pour mon âge,
Que j’suis encor subtil et r’tors !
Sans soleil, j’vois l’poisson qui dort,
J’entendrais un’ grenouill’ qui nage.

Ma foi ! j’suis l’plus heureux des hommes,
J’rôd’ tranquille au fond d’mes vallons,
Au bord de l’eau, sous l’ciel, — allons !
Vite un’ pris’ ! pendant q’nous y sommes !

Parc’ que quand ma vie et la vôtre...
Mais j’vous parl’ trépas, c’est trop fort !
Cont’ ce p’tit r’venez-y d’la mort
Attendez ! j’vas en prendre une autre. »

Ceci lu, maint priseur tirant sa tabatière,
Se dira, non sans quelque émoi :
« Ô prise ! que n’as-tu le même effet chez moi
Contre la peur du cimetière !

poésie de Maurice RollinatSignalez un problèmeDes citations similaires
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Requête à monseigneur de Bourbon

Le mien seigneur et prince redouté
Fleuron de lys, royale géniture,
François Villon, que Travail a dompté
A coups orbes, par force de bature,
Vous supplie par cette humble écriture
Que lui fassiez quelque gracieux prêt.
De s'obliger en toutes cours est prêt,
Si ne doutez que bien ne vous contente:
Sans y avoir dommage n'intérêt,
Vous n'y perdrez seulement que l'attente.

A prince n'a un denier emprunté,
Fors à vous seul, votre humble créature.
De six écus que lui avez prêté,
Cela piéça il mit en nourriture,
Tout se paiera ensemble, c'est droiture,
Mais ce sera légièrement et prêt;
Car se du gland rencontre en la forêt
D'entour Patay et châtaignes ont vente,
Payé serez sans délai ni arrêt:
Vous n'y perdrez seulement que l'attente.

Si je pusse vendre de ma santé
A un Lombard, usurier par nature,
Faute d'argent m'a si fort enchanté
Qu'en prendroie, ce cuide, l'aventure.
Argent ne pends à gipon n'à ceinture;
Beau sire Dieu! je m'ébahis que c'est
Que devant moi croix ne se comparaît,
Sinon de bois ou pierre, que ne mente;
Mais s'une fois la vraie m'apparaît,
Vous n'y perdrez seulement que l'attente.

Prince du lys, qui a tout bien complaît,
Que cuidez-vous comment il me déplaît,
Quand je ne puis venir à mon entente?
Bien m'entendez; aidez-moi, s'il vous plaît:
Vous n'y perdrez seulement que l'attente.

poésie de Francois VillonSignalez un problèmeDes citations similaires
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Il faut

Il faut survivre jusqu'à la menace
D'aneantir un jour, certain non ferier,
Porté, non plus s'est où... quel degueulasse?
Pourquoi, pourquoi on se ment, pour espèrer?

Il faut revivre tout ce qui s'est passé,
Pour te reprendre poussière perdue
Dans un vivant de faits, des jours cassés...
Pour en pouvoir tenir ta unique rue?

Il faut reprendre goùt de balader
Les lieux d'une fois, une fois, aux pieds tous nus,
Pouvoir ainsi du temps se l'exploser?!...
A quoi ça sert futur non prevenu?

Il faut quitter l'amour avant la fin,
Pour retenir suspense de son désastre?
Je ne sais pas; la vie est sans refrain
Pour le reprendre, un jour, après son astre?

Il faut qu'on sent ainsi tant de souffrance
Juste pour savoir qu'existe du bonneheur
Et qu'on apprend si peu de l'importance
Seulement après qu'on a vecu autant d'erreurs?

Il faut qu'on croit au faible mutilé,
Qui cherche a dire restant de son intègre,
Le regardant pour temps s'est vu passer,
D'un âme... qu'on garde caché, dans son tenebre!?

poésie de Daniel Aurelian Rădulescu (15 mai 2013)Signalez un problèmeDes citations similaires
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L'Enjôleur

Loin des oreilles importunes,
Le gars mangeant avec le vieux,
D’un ton fier et malicieux
Lui conte ses bonnes fortunes,
De quelle sorte il fait sa cour,
Et ce qu’il pense de l’amour.

« Oui ! j’ai tout’ les fill’, mon pèr’ Jacques !
N’import’ laquell’, quand j’ la veux bien !
L’ignorant’, l’instruit’, cell’ qui s’ tient,
Comm’ la dévot’ qui fuit ses pâques.

Q’ ça soit l’ cœur ou l’ Diab’ qui s’en mêle,
L’amour comm’ la mort prend chacun.
Si deux corps d’vaient pas en fair’ qu’un
Yaurait pas des mâl’ et des f’melles !

Cont’ le sang, s’i’ veut qu’on s’unisse,
Tout’ les plus bonn’ raisons val’ rin :
I mèn’ le gars comme un taurin
Et la pucell’ comme un’ génisse.

Yen n’a pas un’ qui n’ rêv’ d’un homme,
D’un qu’ell’ connaît pas, mais qu’ell’ sent ;
Pas un’ qui n’ s’endorme y pensant,
Et qui n’y r’pense après son somme !

Les difficil’ sont cell’ qui s’parent,
Dans’ entre ell’, s’ distraient des garçons,
Les accueill’ avec des chansons,
Comme avec des rir’ s’en séparent.

Oui ! mais aux sons d’ la cornemuse,
J’ batifole à leur volonté...
Et j’ mets tant leur mine en gaieté
Que j’ finis par la rend’ confuse.

En fait d’ pucell’, viv’ l’eau dormante
La courant’ n’a pas l’ temps d’ songer,
Tandis que l’aut’, sans s’ défiger,
Ça n’ pens’ qu’au mal qui la tourmente.

L’ désir amoureux s’y mijote,
Quoiqu’ell’ n’en desserr’ pas les dents...
On verrait d’sus c’ qu’ell’ pense en d’dans :
C’est pour ça q’ si ben ça s’ cachotte.

C’est s’lon, c’est moins ou davantage,
Mais tout’ fill’, son sexe la tient.
L’amour y dort : un garçon vient...
Qui l’éveille à son avantage.

C’est c’que j’ fais ! Ell’s ont beau s’ défendre,
Moi, j’ai la natur’ dans mon jeu,
J’ gratt’ la cendre et j’ découv’ le feu ;
Seul’ment i’ faut savoir s’y prendre.

Faut choisir son jour et son heure,
La saison, l’endroit, pas s’ presser.
Ça dépend ! yen a q’ faut forcer !
Ces fois-là sont p’têt’ les meilleures.

À la façon d’ trousser sa jupe,
D’arranger ses ch’veux sous l’ bonnet,
À la march’, surtout, on r’connaît
L’ temps qu’on mettra pour faire un’ dupe.

Avec les joyeus’ je sais rire,
Avec les trist’ je sais pleurer,
Tout en m’ taisant, j’ sais soupirer
Avec cell’ qui n’ont rien à dire.

J’ not’ leur air franc ou saint’ nitouche,
Leur genre de silence ou d’ caquet,
L’ sec ou l’ mouillé d’ leurs deux quinquets,
Comm’ l’ouvert ou l’ pincé d’ leur bouche.

J’examin’ cell’ qui sont heureuses
D’ porter, au cou, des p’tits enfants.
L’instinct d’êt’ mèr’ suffit souvent
Pour qu’un’ fill’ devienne amoureuse.

J’ suis timide avec la pimbêche,
Rapide avec cell’ qu’a du sang,
Et, toujours, les contrefaisant,
Ya pas d’ danger q’ j’évent’ la mèche !

J’ prends leur humeur, j’ flatt’ leur manie,
Ell’ chang’ d’avis, moi pareill’ment.
Je n’ leur donn’, sans jamais d’ gên’ment,
Q’ du plaisir dans ma compagnie.

Au fond, je m’ dis et ça m’amuse :
Que j’ suis pas plus menteur, vraiment !
Qu’ell’s autr’ qui m’ voudraient pour amant
Et qui font cell’-là qui me r’fusent.

C’est mes r’gards seuls qui leur demandent
C’ que j’ désir’ d’ell’. Ma bouch’, ma main,
Seul’ment commenc’ à s’ mettre en ch’min,
Quand leurs yeux m’dis’ qu’ell’ les attendent.

Dans ma prunell’ qui leur tend l’ piège
R’culant d’abord ell’ veul’ pas s’ voir,
Et puis, ell’ s’y mir’, sans pouvoir
S’ désengluer du sortilège.

La bergèr’ sag’, la moins follette,
J’ l’endors ! qu’elle en lâch’ son fuseau...
Comm’ l’aspic magnétis’ l’oiseau,
Comme un crapaud charme un’ belette.

C’est pourquoi, la pauvress’, la riche,
Tout’ fille, à mon gré, m’ donn’ son cœur !
Ma foi ! j’ me fie à ma vigueur,
J’en ai ben trop pour en êtr’ chiche !

D’autant plus que j’peux pas leur nuire...
Personn’ sait q’ moi q’ j’ai leur honneur
Et j’ai la chanc’, pour leur bonheur,
De libertiner sans r’produire ! »

Et le bon vieux dit : « Tu caus’ ben...
Quoiqu’ ça peut êtr’ de la vant’rie.
Moi non plus, pour la galant’rie,
À ton âg’ j’étais pas lambin.
Aussi vrai q’ tous deux on déjeune
Tu t’amus’ras jamais plus jeune !
Ta folie est c’ que fut la mienne.
Tu brûl’, mais glaçon tu d’viendras.
Crois-moi : prends-en l’ plus q’ tu pourras !
Ça t’ pass’ra avant q’ ça m’ revienne !

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Flatter un créditeur, pour son terme allonger,

Flatter un créditeur, pour son terme allonger,
Courtiser un banquier, donner bonne espérance,
Ne suivre en son parler la liberté de France,
Et pour répondre un mot, un quart d'heure y songer :

Ne gâter sa santé par trop boire et manger,
Ne faire sans propos une folle dépense,
Ne dire à tous venants tout cela que l'on pense,
Et d'un maigre discours gouverner l'étranger :

Connaître les humeurs, connaître qui demande,
Et d'autant que l'on a la liberté plus grande,
D'autant plus se garder que l'on ne soit repris :

Vivre avecques chacun, de chacun faire compte :
Voilà, mon cher Morel (dont je rougis de honte),
Tout le bien qu'en trois ans à Rome j'ai appris.

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George Balanchine

Je ne suis pas un intellectuel, un cerveau. Je suis un sot. Je suis né comme ça. En revanche je sais voir, entendre et bouger très vite. Quand j'étais petit je pouvais attraper les souris à la main. La plupart des chorégraphes d'aujourd'hui sont des intellectuels. Ils s'inspirent de Freud, de Jung, de Kierkegaard. Moi je suis moi-même. J'essaie de trouver des équivalences à mes sentiments, à mes sensations mais tout cela est inexplicable. On ne peut trouver que des comparaisons.

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Le Boucher

Tiens ? t’es donc plus boucher ? dit la vieille au gros homme
Qui venait de vendre son fonds,
Et lui répondit grave, avec un air profond :
« Non ! et j’vas vous raconter comme :

Ah ! l’ métier était bon ! Mes viandes ?
Vous savez si ça s’débitait !
Tell’ment partout on m’réputait
Que j’pouvais pas fournir aux d’mandes.

C’est moi-mêm’ qu’abattais les bêtes
Promis’ aux crochets d’mon étal,
Et j’vous crevais comme un brutal
Les cous, les poitrails et les têtes.

Si j’suis si gros, q’ça m’gên’ quand j’bouge,
Si j’ai l’teint si frais, l’corps si gras,
C’est q’par le nez, la bouch’, les bras,
Tout l’temps j’pompais vif du sang rouge.

L’animal ? c’est pas un’ personne...
Que j’me disais ! Pour moi, l’bestiau
C’était qu’un’ chos’, j’trouvais idiot
D’croir’ que ça rêv’ ou q’ça raisonne.

Si ça qui grogn’, qui bêl’, qui beugle,
À l’abattoir s’tenait pas bien,
J’cognais d’sus, ça n’me faisait rien :
J’leur étais aussi sourd qu’aveugle.

D’un coup d’maillet bien à ma pogne
J’défonçais l’crâne d’un vieux bœuf
Comme on cass’ la coquill’ d’un œuf,
Et j’fredonnais pendant ma b’sogne.

À ceux qui, lorsque l’couteau rentre,
S’lamentaient sur l’ouaill’ ou l’cochon,
J’criais : « Ça s’rait plus folichon
D’en avoir un morceau dans l’ventre ! »

Et dans l’trou plein d’sanglante écume
Se r’tournait, creusait mon surin,
Tel qu’un piquet dans un terrain
Où q’l’on veut planter d’la légume.

J’étais ben boucher par nature !
Dam’ ! Le coup d’mass’ ? ça m’connaissait ;
Et quand mon vieux couteau dép’çait
I’ savait trouver la jointure.

Oui ! j’avais la main réussie
Pour mettre un bœuf en quatr’ morceaux ;
Vit’ se rompaient les plus gros os
Ousque j’faisais grincer ma scie.

Pour détailler d’la viand’ qui caille
J’aurais pas craint les plus adroits :
Tous mes coups d’coup’ret, toujours droits,
R’tombaient dans la première entaille.

Jusqu’à c’beau jour d’ensorcell’rie
Où v’allez savoir c’qui m’advint,
Je m’saoulais d’sang tout comm’ de vin
Et j’m’acharnais à la tuerie.

Donc, un’ fois, on m’amène un’ vache
Ben qu’âgée encor forte en lait,
Noire et blanche, et voilà qu’em’ plaît,
Que j’la conserve et que j m’yattache.

J’la soignais si tell’ment la vieille
Que m’voir la faisait s’déranger
D’ses song’ et mêm’ de son manger,
Qu’elle en dod’linait des oreilles ;

Quand em’rencontrait, tout’ follette,
Ben vite, elle obliquait d’son ch’min
Pour venir me râper la main
Avec sa lang’ bleue et violette ;

Mes aut’ vach’ en étaient jalouses
Lorsque mes ongl’ y grattaient l’flanc
Ou qu’ent’ ses corn’ noir’ au bout blanc
J’y chatouillais l’front sur les p’louses.

Mais un jour, un’ mauvaise affaire
Veut qu’ell’ tombe, y voyant pas fin,
À pic, sus l’talus d’un ravin,
Et qu’es’ casse un’ patt’ ! Quoi en faire ?...

Ell’ pouvait ben marcher sur quatre
Mais sur trois... yavait plus moyen !
Mêm’ pour elle, il le fallait ben ;
Ell’ souffrait : valait mieux l’abattre !

Pour vous en finir, je l’emmène...
J’avais renvoyé ceux d’chez nous.
Mais, v’là qu’ell’ tomb’ sur les deux g’noux,
Avec des yeux d’figure humaine.

Bon Dieu ! j’prends mon maillet sur l’heure,
J’vis’ mon coup, et j’allais l’lâcher...
Quand j’vois la vach’ qui vient m’lécher
En mêm’ temps q’ses deux gros yeux pleurent.

L’maillet fut bentôt sur la table,
J’app’lai tous mes gens et j’leur dis :
Faut pas la tuer ! j’serions maudits !
Et j’fus la r’conduire à l’étable.

La vache ? un r’bou’teux l’a guérie.
À la maison j’yai fait un sort,
Elle y mourra de sa bonn’ mort,
Et, moi, j’f’rai plus jamais d’bouch’rie. »

— La vieille dit : « Vlà c’que ça prouve :
C’est q’chez l’âm’ des plus cruell’ gens,
Dans les métiers les plus méchants,
Tôt ou tard la pitié se r’trouve.

Crois-moi ! c’te chos’ ? tu n’l’as pas vue,
Quand mêm’ que tu peux l’certifier.
C’est ton bon cœur qui fut l’sorcier,
C’est lui qui t’donna la berlue.

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Le Père Éloi

Une nuit, dans un vieux cimetière pas riche,
Ivre, le père Éloi, sacristain-fossoyeur,
Parlait ainsi, d’un ton bonhomique et gouailleur,
Gesticulant penché sur une tombe en friche :

« Après que j’suis sorti d’l’auberge
En sonnant l’Angelus, à c’soir,
J’m’ai dit comme’ ça : Faut q’jaill’ la voir
Au lieu d’y fair’ brûler un cierge !

J’te dérang’ ! Sous l’herbe et la ronce
T’es là ben tranquille à r’poser ;
Bah ! tout seul, un brin, j’vas t’causer :
T’as pu d’langu’, j’attends pas d’réponse.

T’causer ? T’as des oreill’ de cend’e...
Et t’étais sourde avant l’trépas.
Mais, quéq’ ça fait q’tu m’entend’ pas...
Si mon idée est q’tu m’entendes.

J’pense à toi souvent, va, pauv’ grosse,
Beaucoup le jour, surtout la nuit,
Dans la noc’ comme dans l’ennui,
Que j’boiv’ chopine ou creuse un’ fosse.

J’me saoul’ pas pu depuis q’t’es morte
Que quand t’étais du monde. Enfin,
C’est pas tout ça ! moi, j’aim’ le vin,
J’peux l’entonner puisque j’le porte.

Fidèl’ ? là-d’sus faut laisser faire
Le naturel ! on n’est pas d’bois...
C’que c’est ! j’y pens’ pas quant e’ j’bois,
Quant’ j’ai bu, c’est une aut’ affaire !...

Si j’en trouve un’ qu’est pas trop vieille,
Ma foi ! j’vas pas chercher d’témoins !
Pourtant, l’âg’ yétant, j’pratiqu’ moins
La créatur’ que la bouteille.

Bah ! je l’sais, t’es pas pu jalouse
Que cell’ qu’a pris ta succession.
Es’ pas q’j’ai ton absolution ?
Dis ? ma premièr’ défunte épouse ?

Des services ? t’as ma promesse
Que j’ten f’rai dir’ par mon bourgeois.
Quoiq’ça, c’est inutil’ : chaqu’ fois,
J’te r’command’ en servant sa messe.

J’voudrais t’donner queq’chos’ qui t’aille :
Qui qui t’plairait ? qu’est-c’que tu veux ?
Un’ coiff’ ? mais, tu n’as pu d’cheveux.
Un corset ? mais, tu n’as pu d’taille.

Un’ rob’ ? t’es qu’un bout de squelette.
Des mitain’ ? T’as des mains d’poussier.
Des sabots garnis ? t’as pu d’pieds.
Faut pas songer à la toilette !

T’donner à manger ? bon ! ça rentre...
Mais, pour tomber où ? dans quel sac ?
Puisque tu n’as pu d’estomac,
Pu d’gosier, pu d’boyaux, pu d’ventre !

D’l’argent ? mais, dans ton coin d’cimetière
Qué q’t’ach’t’rais donc ? Seigneur de Dieu !
Allons ! tiens ! pour te dire adieu
J’vas t’fair’ cadeau d’un’ bonn’ prière.

Si ça t’fait pas d’bien, comm’ dit l’autre,
Au moins, ben sûr, ça t’fra pas d’mal.
Mais, tu m’coût’ pas cher... c’est égal !
Tu la mérit’ long’ la pat’nôtre ! »

Or, en fait d’oraison longue, le vieux narquois
Partit tout simplement, sur un signe de croix,
Grognant : « C’est tard ! tant pis, j’ai trop soif, l’diab’ m’emporte !
J’vas boire à la santé de l’âme de la morte

poésie de Maurice RollinatSignalez un problèmeDes citations similaires
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Quand je t'aime

Quand je t'aime
J'ai l'impression d'être un roi
Un chevalier d'autrefois
Le seul homme sur la terre
Quand je t'aime
J'ai l'impression d'être à toi
Comme la rivière au delta
Prisonnier volontaire

Refrain:

Quand je t'aime
Tous mes gestes me ramènent
A tes lèvres ou à tes bras
A l'amour avec toi

Quand je t'aime
Il est minuit ou midi
En enfer au paradis
N'importe où mais ensemble
Quand je t'aime
Je ne sais plus si je suis
Un mendiant ou un messie
Mais nos rêves se ressemblent

Au refrain:

Quand je t'aime
J'ai des fleurs au bout des doigts
Et le ciel que je te dois
Est un ciel sans étoile
Quand je t'aime
J'ai la fièvre dans le sang
Et ce plaisir innocent
Me fait peur, me fait mal

Au refrain:

Quand je t'aime
J'ai l'impression d'être un roi
Un chevalier d'autrefois
Le seul homme sur la terre
Quand je t'aime
J'ai l'impression d'être à toi
Comme la rivière au delta
Prisonnier volontaire
Quand je t'aime
Il est minuit ou midi
En enfer au paradis
N'importe où mais ensemble
Quand je t'aime
Je ne sais plus si je suis
Un mendiant ou un messie
Mais nos rêves se ressemblent
Quand je t'aime.

chanson interprété par Demis RoussosSignalez un problèmeDes citations similaires
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La Nuit de novembre

Il faisait aussi clair qu’à trois heures du soir,
Lorsque, las de fumer, de lire et de m’asseoir,
Emportant avec moi le rêve qui m’agite,
J’abandonnai ma chambre et sortis de mon gîte.
Et j’errai. Tout le ciel était si lumineux,
Que les rochers devaient sentir passer en eux
Des caresses de lune et des frissons d’étoiles.
La terrible araignée aux si funèbres toiles
Semblait guetter encor le crépuscule gris,
Car les arbres du clos par l’automne amaigris
Montraient dans la clarté qui glaçait leur écorce
Mainte cime chenue et mainte branche torse.
C’était le jour sans bruit, le jour sans mouvement,
Comme en vécut jadis la Belle au Bois Dormant,
Plutôt fait pour les morts que pour nous autres : l’ombre
Qui devenait l’aurore, à l’heure où tout est sombre.
L’air avait la moiteur exquise du rayon,
Et l’objet dessiné comme par un crayon
Prenait l’aspect diurne, et fluet, long, énorme,
Accusait nettement sa couleur et sa forme.
Et le silence, horrible et douce mort du bruit,
Triomphait-il assez dans ce plein jour de nuit
À l’abri du vent rauque et du passant profane
Sous les scintillements du grand ciel diaphane !
Le froid devenait tiède à force de douceur ;
Et, grisaille des murs, vert des volets, rousseur
Du toit, corde du puits, dents de la girouette,
Là-bas, au fond de clos, une vieille brouette,
À terre çà et là, des bois et des outils,
Toute espèce d’objets, hauts, plats, grands et petits,
Tout, jusqu’au sable fin comme celui des grèves
Se détaillait à l’œil ainsi que dans les rêves.
Alors, que de mystère et que d’étrangeté !
Sans doute, un mauvais sort m’allait être jeté
Par un fantôme blanc rencontré sur ma route ?
Le fait est que jamais plus fantastique voûte
N’illumina la terre à cette heure d’effroi :
Je me voyais si bien que j’avais peur de moi.
Minuit allait sonner dans une demi-heure,
Et toujours pas de vent, pas de source qui pleure,
Rien que l’affreux silence où je n’entendais plus
Que le bruit régulier de mes pas résolus ;
Car, au fond, savourant ma lente inquiétude,
Je voulais m’enfoncer dans une solitude
Effroyable, sans murs, sans huttes, sans chemins,
Vierge de tous regards et de tous pieds humains !
Et j’étais arrivé sur une immense roche
Quand je me rappelai que j’avais dans ma poche
Le bréviaire noir des amants de la Mort,
Cette œuvre qui vous brûle autant qu’elle vous mord,
Que la tombée a dictée et qui paraît écrite
Par la main de Satan, la grande âme proscrite.
Oui, j’avais là sur moi, dans cet endroit désert,
Le Cœur Révélateur, et la Maison Usher,
Ligeia, Bérénice et tant d’autres histoires
Qui font les jours peureux, les nuits évocatoires,
Et qu’on ne lit jamais sans frisson sur la peau.
Oui délice et terreur ! j’avais un Edgar Poe :
Edgar Poe, le sorcier douloureux et macabre
Qui chevauche à son gré la raison qui se cabre.
Seul, tout seul, au milieu du silence inouï,
Avais-je la pâleur d’un homme évanoui
Quand j’ouvris le recueil de sinistres nouvelles
Qui donnent le vertige aux plus mâles cervelles ?
Mes cheveux s’étaient-ils dressés, à ce moment ?
Je ne sais ! Mais mon cœur battait si fortement,
Ma respiration était si haletante,
Que je les entendais tous les deux : oh, l’attente
Du fantôme prévu pendant cette nuit-là !
Et je lus à voix basse Hélène, Morella,
Le Corbeau, le Portrait ovale, Bérénice,
Et, ― que si j’ai mal fait le Très-Haut me punisse ! ―
Je relus le Démon de la Perversité !
Puis, lorsque j’eus fini, je vis à la clarté
Du ciel illuminé comme un plafond magique,
Debout sur une roche un revenant tragique
Drapé dans la guenille horrible du tombeau
Et dont la main sans chair soutenait un corbeau :
Fou, je m’enfuis, criblé par les rayons stellaires,
Et c’est depuis ce temps que j’ai peur des nuits claires !

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Elizabeth Barrett Browning

Comment t'aimé-je?

Comment t'aimé-je? Laisse-moi t'en compter les façons.
Je t'aime du tréfonds, de l'ampleur et de la cime
De mon âme, lorsque, invisible, elle aspire
Aux fins de l'Être et de la Grâce idéale.
Je t'aime au doux niveau du besoin de chaque jour,
À la lumière du soleil et de la chandelle.
Je t'aime en liberté, comme on tend au Juste;
Je t'aime en pureté, comme on fuit la Louange.
Je t'aime de la passion dont j'usais
Dans les chagrins, et de ma confiance d'enfant.
Je t'aime d'un amour qui semblait perdu
Envers mes saints de jadis, - je t'aime du souffle,
Sourires, larmes de toute ma vie! - et si Dieu en décide,
Je t'aimerai mieux encore dans la mort.

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Henry Miller

Etre soi-même, rien que soi-même, c'est inouï. Mais comment y arriver, comment y parvenir? Ah! c'est ça l'astuce, ça le plus difficile de tout. Le scabreux, c'est justement que cela ne demande pas d'effort. Le tout, c'est de ne pas vouloir être ceci ou cela, ni grand ni petit, ni habile ni maladroit...tu me suis? Tu agis selon ce qui se présente. Mais de bonne grâce, bien entendu. Parce qu'il n'y a pas une chose qui n'ait son importance. Pas une.

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Domestique de peintre

Ah ! monsieur ! mon métier d’domestique a changé,
Me dit le grand Charly, son béret sur l’oreille :
En yentrant, j’croyais pas trouver un’ plac’ pareille,
Et j’n’ai jamais encor si bien bu, ni mangé.

Mon maîtr’ ? C’est un homm’ simpl’ qui rest’ dans sa nature,
Sans s’occuper d’la mode et du mond’ d’aujourd’hui,
Laissant pousser bien longs ses ch’veux d’un noir qui r’luit,
Tout comm’ ces comédiens qui pass’ dans des voitures.

I’ m’en paye à gogo des goutt’ et du tabac !
I’ m’donn’ des vieux habits et des neufs, sans q’j’y d’mande,
Et doux, l’air comm’ gêné tout’ les fois qui m’commande,
I’ s’inquièt’ de ma bourse et de mon estomac.

Sûr ! que j’ai jamais vu son pareil ! l’diabl’ me torde !
J’veux balayer sa chambre et ranger dans les coins ?
Alors, i’ s’fâch’ tout roug’, disant : « Q’ya pas besoin,
Q’son œil, au r’bours des autr’, voit mieux clair dans l’désordre. »

Avec ça, s’rappelant tout c’qu’on y dit ou c’qu’i’ voit,
Sans jamais les écrir’ gardant mémoir’ des notes,
Dans sa têt’ qui, des fois, semble un’ têt’ de linotte,
Ayant réponse à tout, sachant l’car et l’pourquoi.

Yen a qui lis’ un livre, à lui yen faut des masses !
Sous l’pioch’ment agacé d’son pouc’ qu’i’ mouill’ souvent
Les tournements des pag’ ça fil’ comme le vent !
Puis, soudain’ment, i’ sort comm’ s’i’ manquait d’espace.

Ah l’drôl’ de maîtr’ que j’ai ! tout c’qu’est à lui c’est vôtre.
Un homm’ q’est franc comm’ l’or et bon comme du pain !
Des fois, i’ caus’ tout seul quand i’ marche ou qu’i’ peint ;
Il est dans un endroit ? qu’i’ veut êtr’ dans un autre !

Je l’sais ben moi qui l’suis dans ses cours’ endiablées,
I’ n’voyag’ que pour voir des couleurs. En errant,
I’ braq’ ses p’tits yeux noirs q’avont l’regard si grand
Sur chaq’ roche ou taillis des côt’s et des vallées.

Des fonds et des lointains, des plain’s et des nuages,
Il emport’ la peintur’ qu’i’ soutire au galop,
Tout l’jour, i’ pomp’ la nuanc’ de la verdure et d’l’eau,
Et, la nuit, cherche encor dans l’brun des paysages.

Ça l’prend tout feu tout flamme en fac’ de son ch’valet ;
Puis, l’pinceau dans la main, v’là q’sa grand’ chaleur gèle !
Il est si vite en bas qu’il est en haut d’l’échelle...
En tout’chose on dirait qu’i’ n’sait pas c’qui lui plaît.

I’ cause, i’ chante, i’ rit, en train d’boire et d’manger ?
V’là qu’i’ songe ! — On s’équipe ? on arriv’ pour pêcher ?
I’ veut peindr’ ! vers ses toil’ en tout’ hâte i’ m’dépêche ! —
Quand j’y port’ son fourbi pour travailler ? On pêche !

Sauriez-vous m’dir’ c’que c’est que c’ t’homm’ q’est gai, q’est triste,
Qui girouett’ jamais l’mêm’ et pass’ du chaud au froid ? »
— Et je lui répondis, parlant un peu pour moi :
« Ton maître, ce qu’il est, parbleu ! C’est un artiste !

Me comprends-tu ? — Ma foi ! monsieur, ya pas d’excès.
Artist’ ? dam’ ! moi, c’mot-là j’en connais pas l’mystère !
— Comment te dire alors ? Eh bien ! ton maître, c’est :
Un fou que sa raison tourmente sur la terre.

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Cornelia Păun Heinzel

Pantouns des saisons

Dans la vie est toujours un printemps
Avec la danse au vent de fleurs des champs.
Dans mon âme est toujours un printemps
Quand je suis tranquille, contente.

Dans la vie est toujours l’été,
Et le soleil et la chaleur sont arrivés.
Dans mon âme est toujours l’été,
Quand je peux faire ce à quoi j’ai pensé.

Dans la vie est toujours l’automne,
Quand tombent et feuilles et pommes.
Dans mon âme est toujours l’automne,
Quand j’aime très fort un homme.

Je crois que la vie est l’hiver
Avec le blanc, dans le monde entier.
Dans mon âme est toujours l’hiver
Quand j’aime tout ce que je dois faire.

poésie de Cornelia Păun Heinzel de Pantouns Lettres de Malaisie (1 septembre 2013)Signalez un problèmeDes citations similaires
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Albert Camus

C'est cela l'amour, tout donner, tout sacrifier sans espoir de retour.

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Albert Camus

C'est cela l'amour, tout donner, tout sacrifier sans espoir de retour.

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Notre vie n'est qu'un rêve.Les gens souffrent à cause de leur esprit empli d'illusions, de folies et de peurs; mais tout cela n'est qu'images dans un miroir, sans réelle existence.

citation de Taisen DeshimaruSignalez un problèmeDes citations similaires
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