
Il y a plus de chances de rencontrer un bon souverain par l'hérédité que par l'élection.
citation de Napoleon Bonaparte
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Aujourd'hui c'est lundi, il y a de grandes chances que demain ce soit mardi.
aphorisme de Valeriu Butulescu, traduction par Genevieve Gomez
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La vie ce n’est pas d’être assis à la maison devant la télé en attendant que ta vie commence. Pars à l’aventure et prends des chances.
citation de Queen Latifah
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Les Clochettes
Maintenant, je suis malheureux
De rencontrer ces fleurs clochettes
À bords dentelés, violettes,
Sur les talus des chemins creux.
Et pourtant ces douces fluettes
Sont encor dans leur coin frileux,
Le perchoir des papillons bleus
Qui s’en font des escarpolettes.
Mais qu’importe ! La canicule
Tire à sa fin. L’été recule...
Et, pour l’oreille de mon cœur
Inquiet et pronostiqueur,
À petits tintements moroses
Ces fleurs sonnent le glas des choses.
poésie de Maurice Rollinat
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Les clochettes
Maintenant, je suis malheureux
De rencontrer ces fleurs clochettes
A bords dentelés, violettes,
Sur les talus des chemins creux.
Et pourtant ces douces fluettes
Sont encor dans leur coin frileux,
Le perchoir des papillons bleus
Qui s'en font des escarpolettes.
Mais qu'importe ! La canicule
Tire à sa fin. L'été recule...
Et, pour l'oreille de mon coeur
Inquiet et pronostiqueur,
A petits tintements moroses
Ces fleurs sonnent le glas des choses.
poésie de Maurice Rollinat
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A l'inaccessible
Argile toujours vierge, inburinable airain,
Magicien masqué plus tyran que la femme,
Art ! Terrible envoûteur qui martyrise l'âme,
Railleur mystérieux de l'esprit pèlerin !
Il n'est pas de poète insoumis à ton frein
Et tous ceux dont la gloire ici-bas te proclame
Savent que ton autel épuisera leur flamme
Et qu'ils récolteront ton mépris souverain.
Rageuse inquiétude et patience blême
Usent leurs ongles d'or à fouiller ton problème ;
L'homme évoque pourtant ton mirage moqueur ;
Longuement il te cherche et te poursuit sans trêve,
Abîme où s'engloutit la tendresse du coeur,
Zénith où cogne en vain l'avidité du rêve !
poésie de Maurice Rollinat
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À l'Inaccessible
Argile toujours vierge, inburinable airain,
Magicien masqué plus tyran que la femme,
Art ! Terrible envoûteur qui martyrise l’âme,
Railleur mystérieux de l’esprit pèlerin !
Il n’est pas de poète insoumis à ton frein :
Et tous ceux dont la gloire ici-bas te proclame
Savent que ton autel épuisera leur flamme
Et qu’ils récolteront ton mépris souverain.
Rageuse inquiétude et patience blême
Usent leurs ongles d’or à fouiller ton problème ;
L’homme évoque pourtant ton mirage moqueur ;
Longuement il te cherche et te poursuit sans trêve,
Abîme où s’engloutit la tendresse du cœur,
Zénith où cogne en vain l’avidité du rêve !
poésie de Maurice Rollinat
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Les Robes
Ô ma pauvre sagesse, en vain tu te dérobes
Au fluide rôdeur, âcre et mystérieux
Que, pour magnétiser le passant curieux,
L’Inconnu féminin promène sous les robes !
Les robes ! où circule et s’est insinuée
La vie épidermique avec tous ses frissons,
Et qui, sur les trottoirs comme entre les buissons,
Passent avec des airs de barque et de nuée !
Elles ont tout : corsage où pleurent les longs voiles,
Jupe où jasent des nids de volants emperlés,
Rubans papillonneurs et boutons ciselés
Qui luisent comme autant de petites étoiles.
Si l'une me dénonce une luxure infâme,
Une autre me révèle un corps qui se défend ;
Et pour mon œil subtil une robe d’enfant
Trahit des ailes d’ange et des rondeurs de femme.
La robe atténuant la pointe ou la courbure
Hallucine déjà mes prunelles de lynx,
Mais je me sens troublé comme en face du Sphinx
Devant le bloc pieux de la robe de bure.
J’aime à les rencontrer partout, vieilles et neuves,
Au bas d’un escalier, au fond d’un corridor ;
J’aime ces longs habits que féminise encor
L’exquise austérité des vierges et des veuves.
Avec cette adhérence intime de l’écorce
Qui calque le contour et le linéament,
Le corsage échancré plaque hermétiquement,
Délicieux maillot d’un admirable torse.
La longue robe errant dans la lumière bleue,
Froide et collante avec sa traîne de velours,
Sur les tapis muets, étouffeurs des pas lourds,
A l'air d’un grand serpent tout debout sur sa queue.
Et par un crépuscule où le vent noir sanglote,
Plus d’une, tout au fond du lointain frissonnant,
Semble raser la terre ainsi qu’un revenant
Tragiquement drapé dans son linceul qui flotte.
J’ai souvent le désir fantastique et morose,
Dans ces bals où le vice allume son coup d’œil,
De voir entrer soudain une robe de deuil,
Comme un brouillard d’ébène au milieu d’un ciel rose.
Mais je contemplerais, à genoux et mains jointes,
Ces corselets d’amour exactement remplis
Où, derrière la gaze aux lumineux replis,
La gorge tentatrice embusque ses deux pointes !
poésie de Maurice Rollinat
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Le Fantôme du crime
La mauvaise pensée arrive dans mon âme
En tous lieux, à toute heure, au fort de mes travaux,
Et j’ai beau m’épurer dans un rigoureux blâme
Pour tout ce que le Mal insuffle à nos cerveaux,
La mauvaise pensée arrive dans mon âme.
J’écoute malgré moi les notes infernales
Qui vibrent dans mon cœur où Satan vient cogner ;
Et bien que j’aie horreur des viles saturnales
Dont l’ombre seulement suffit pour m’indigner,
J’écoute malgré moi les notes infernales.
Mon crâne est un cachot plein d’horribles bouffées ;
Le fantôme du crime à travers ma raison
Y rôde, pénétrant comme un regard de fées.
Faut-il que ma vertu s’abreuve de poison !
Mon crâne est un cachot plein d’horribles bouffées.
Le meurtre, le viol, le vol, le parricide
Passent dans mon esprit comme un farouche éclair,
Et quoique pour le Bien toujours je me décide,
Je frémis en voyant ramper dans mon enfer
Le meurtre, le viol, le vol, le parricide.
Et pourtant l’assassin à mes yeux est vipère ;
Je fuis le moindre escroc comme un pestiféré
Et je maudis le fils qui poignarde son père.
Souvent, le meurtre parle à mon cœur effaré,
Et pourtant l’assassin à mes yeux est vipère.
Je plains sincèrement la fille violée
Et je la vengerais si j’en avais le droit ;
Mais par d’impurs désirs mon âme harcelée
Pour séduire une enfant cherche un moyen adroit ;
Je plains sincèrement la fille violée.
Le Mal frappe sur moi comme un flot sur la grève :
Il accourt, lèche et fuit, sans laisser de limon,
Mais je conserve hélas ! le souvenir du rêve
Où j’ai failli saigner sous l’ongle d’un démon.
Le Mal frappe sur moi comme un flot sur la grève.
Satan ! dans la géhenne où tes victimes brûlent,
Tu convoites un cœur qui n’est pas né pour toi ;
Souverain d’un empire où les peuples pullulent,
Qu’as-tu besoin encor d’un juste sous ton toit,
Satan, roi des enfers où tous les damnés brûlent ?
Ô toi ! Cause première à qui l’effet remonte,
Aux yeux de Lucifer voile mon flanc si nu !
Et dans l’affreux danger qui parfois me démonte,
Je me sentirai fort si je suis soutenu
Par toi, Cause première à qui l’effet remonte !
L’homme est donc bien pervers, ou le ciel bien féroce !
Pourquoi l’instinct du Mal est-il si fort en nous,
Que notre volonté subit son joug atroce
À l’heure où la prière écorche nos genoux ?...
L’homme est donc bien pervers, ou le ciel bien féroce !
poésie de Maurice Rollinat
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Le Sourd
Le braconnier ayant lu sur sa vieille ardoise
Que je lui demandais son histoire, sourit,
Et, dans son clair regard me dardant son esprit,
Ainsi parla, de voix bonhomique et narquoise :
« C’que j’vas vous dir’ c’est pas au mensong’ que j’l’emprunte !
J’suis sourd, mais si tell’ment que j’n’entends pas, ma foi
Partir mon coup d’fusil — ben q’pourtant j’eus aut’fois
L’oreille aussi vivant’ qu’elle est maint’nant défunte.
Ça m’est v’nu, ya dans les vingt-cinq ans, d’la morsure
D’un’ vipèr’ qui, sans doute, avait des mauvais v’nins.
Tant pis ! j’ai pas jamais consulté les méd’cins,
Bon’ment j’ai gardé l’mal q’m’avait fait la Nature.
Eh ben ! ça m’est égal, j’n’en ai ni désolance,
Ni gêne, et vous allez en savoir la raison :
Oui ! m’semb’ qui m’reste encore un peu d’entendaison,
Que j’suis pas, tant qu’on l’croit, enterré dans l’silence.
Moi qui, d’fait, n’entend rien, q’ça criaille ou q’ça beugle !
On dit q’chez les aveugl’, homm’ ou femm’, jeun’s ou vieux,
L’astuce de l’oreill’ répar’ la mort des yeux...
Voyez c’que c’est ! chez moi c’est au r’bours des aveugles !
Tout l’vif du sang, d’l’esprit, tout’ l’âme de mes moelles,
La crèm’ de ma prudence et l’finfin d’mon jug’ment,
La fleur de mon adress’, d’ma rus’, de mon d’vin’ment
Et d’ma patienc’ ? je l’ai dans l’jaun’ de mes prunelles.
C’en est sorcier tell’ment q’j’ai l’œil sûr à toute heure,
Pendant l’jour comme un aigl’, la nuit comme un hibou,
De loin j’peux voir rentrer un grillon dans son trou,
Et ramper sur la mouss’ le filet d’eau qui pleure.
Des gens, l’air naturel et la bouch’ pas pincée,
Médis’ de moi ? je l’sens avec mes deux quinquets,
Et, quand j’les r’garde, alors, ils sont comm’ tout inqu’ets
D’mon sourir’ qui leur dit que j’connais leur pensée.
La soupçonn’rie, es’pas ? C’est un’ bonn’ conseillère,
Q’l’expérienc’ tôt ou tard finit par vous donner,
J’peux donc m’vanter, chaq’fois qu’ell’ me fait m’retourner,
Q’mes yeux qui voient d’côté voient aussi par derrière.
Puis, j’possède un’ mémoir’ qui r’met tout à sa place,
Les chos’ et les personn’ que j’connus étant p’tit,
Où tout c’que mes organ’ d’âme et d’corps ont senti
Parl’ comm’ dans un écho, se mir’ comm’ dans un’ glace.
Donc, les sons q’j’aimais pas, maint’nant j’peux m’en défendre,
N’voulant plus m’en souv’nir i’ sont ben trépassés,
Tandis que ma mémoir’ ramène du passé,
Fait r’musiquer en moi tous ceux q’j’aimais entendre.
Je m’redis couramment dans l’âme et la cervelle
L’gazouillant des ruisseaux, l’croulant des déversoirs,
La plaint’ du rossignol, du crapaud dans les soirs,
L’suret d’la cornemuse et l’nasillant d’la vielle.
I’ m’suffit d’rencontrer d’la bell’ jeunesse folle
Pour que l’éclat d’son rir’ tintinne dans mon cœur,
J’n’ai qu’à voir s’agiter les grands arb’ en langueur
Pour entend’ soupirer l’halein’ du vent qui vole.
T’nez ! à présent, j’suis vieux, j’suis seul, j’n’ai plus personne,
Ma femme est mort’, j’suis veuf... d’une façon, j’le suis pas,
Puisqu’à mon gré, j’écout’ resaboter ses pas,
Et qu’en moi sa voix, tell’ qu’ell’ résonnait, résonne.
Ainsi d’la sort’, j’ai fait de ma surdité queq’chose
Qui dans l’fond du silenc’ me permet d’trier l’bruit,
S’prêtant à mes moments d’bonne humeur ou d’ennui,
S’accommodant à moi quand j’marche ou que j’me r’pose.
Ajoutez q’si j’ai l’œil aussi malin q’l’ajasse,
Mes mains font tout c’que j’veux quand un’ bonn’ fois j’m’y mets,
Et que l’flair de mon nez où l’tabac rentr’ jamais
Pour tout c’qu’a d’la senteur vaut celui du chien d’chasse.
Pour le ravin, la côte et l’mont j’ai l’pied d’la chèvre,
Mes vieux ongl’ sus l’rocher mordent comme un crampon,
Et que j’pêche ou que j’chass’, toujours à moi l’pompon !
J’guign’ la truit’ dans l’bouillon et dans l’fourré j’vois l’lièvre.
Avec ça, l’estomac si bon que j’peux y mettre
D’l’avance ou ben du r’tard, du jeûne ou d’l’excédent,
Et, pour mon dur métier toujours vagabondant,
Des jamb’ qui s’fatig’ pas d’brûler des kilomètres.
Je r’grett’ de pas entend’ les bonn’ parol’ du monde,
Bah ! l’plus souvent yen a tant d’mauvais’ au travers...
Et j’m’en vas braconnant, les étés, les hivers,
Vendant gibier, poisson, à dix lieues à la ronde.
Tel je vis, rendant grâce au sort qui nous gouverne,
De m’laisser comme un r’mède à mon infirmité
L’œil toujours fin, l’souv’nir toujours ressuscité :
Pour la nuit et l’passé les deux meilleur’ lanternes.
Là-d’sus, à vot’ santé ! Voici q’l’ombr’ se fait noire,
Merci d’vot’ honnêt’té. Foi d’sourd — pas comme un pot
Quand j’vous rencontrerai, j’vous lèv’rai mon chapeau
Pour le fameux coup d’vin q’vot’ bon cœur m’a fait boire !
poésie de Maurice Rollinat
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