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Il faut tendre la main à ses amis sans fermer les doigts.

citation de DiogeneSignalez un problèmeDes citations similaires
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Simone Signoret

Le secret du bonheur en amour, ce n'est pas d'être aveugle mais de savoir fermer les yeux quand il le faut.

citation de Simone SignoretSignalez un problèmeDes citations similaires
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Chamfort

Dans le monde, vous avez trois sortes d’amis : vos amis qui vous aiment, vos amis qui ne se soucient pas de vous et vos amis qui vous haïssent.

citation de ChamfortSignalez un problèmeDes citations similaires
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Si la perte des tiens, si les pleurs de ta mère

Si la perte des tiens, si les pleurs de ta mère,
Et si de tes parents les regrets quelquefois,
Combien, cruel Amour, que sans amour tu sois,
T'ont fait sentir le deuil de leur complainte amère :

C'est or qu'il faut montrer ton flambeau sans lumière,
C'est or qu'il faut porter sans flèches ton carquois,
C'est or qu'il faut briser ton petit arc turquois,
Renouvelant le deuil de ta perte première.

Car ce n'est pas ici qu'il te faut regretter
Le père au bel Ascagne : il te faut lamenter
Le bel Ascagne même, Ascagne, ô quel dommage !

Ascagne, que Caraffe aimait plus que ses yeux :
Ascagne, qui passait en beauté de visage
Le beau coupier troyen qui verse à boire aux dieux.

poésie de Joachim du BellaySignalez un problèmeDes citations similaires
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George Herbert

Vivre sans amis, c’est mourir sans témoin.

George Herbert dans Jacula PrudentumSignalez un problèmeDes citations similaires
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Iulia Hașdeu

Au bord de la mer

Bonsoir, amis, bonsoir, au pâle clair de lune,
Aux cris plaintifs du vent parmi la forêt brune,
Aux soupirs de la brise inclinant les roseaux,
Aux sourds mugissements du flot qui bat la grève,
Bonsoir! Le voyageur qui s’arrête et qui rêve
En écoutant la voix des eaux,

Seul, nocturne pêcheur, debout sur le roc sombre,
Regarde vers le ciel plein d’étoiles sans nombre;
Et tandis que ses yeux plongent au firmament,
Il peut se demander quelle est cette romance
Que la mer chante au ciel, achève et recommence,
Recommence éternellement!

Avez-vous entendu, quand la nuit est sans voiles,
La vaste mer chanter sa chanson aux étoiles?
Quelle musique, amis! Dieu parle en cette voix.
Sublime créateur de l’infini – son monde –
Dieu prête à l’océan cette basse profonde
Et l’océan chante ses lois.

Bonsoir, amis! Ce Dieu, par qui le flot murmure,
Par qui tout prend naissance et vit dans la nature,
Qui fit ce qu’on ne peut ni comprendre, ni voir,
Comme les flots des mers, comme les choeurs des anges,
Bénissez-le sans cesse et chantez ses louanges.
Au clair de lune, amis, bonsoir!

poésie de Iulia Hașdeu de ConfidencesSignalez un problèmeDes citations similaires
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Tu dis que Du Bellay tient réputation

Tu dis que Du Bellay tient réputation,
Et que de ses amis à ne tient plus de compte :
Si ne suis-je seigneur, prince, marquis ou comte,
Et n'ai changé d'état ni de condition.

Jusqu'ici je ne sais que c'est d'ambition,
Et pour ne me voir grand ne rougis point de honte :
Aussi ma qualité ne baisse ni ne monte,
Car je ne suis sujet qu'à ma complexion.

Je ne sais comme il faut entretenir son maître,
Comme il faut courtiser, et moins quel il faut être
Pour vivre entre les grands, comme on vit aujourd'hui.

J'honore tout le monde et ne fâche personne :
Qui me donne un salut, quatre je lui en donne :
Qui ne fait cas de moi, je ne fais cas de lui.

poésie de Joachim du BellaySignalez un problèmeDes citations similaires
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Sonnet XIV

Tant que mes yeux pourront larmes espandre,
A l'heur passé avec toy regretter,
Et qu'aus sanglots et soupirs resister
Pourra ma voix, et un peu faire entendre;

Tant que ma main pourra les cordes tendre
Du mignart Lut, pour tes graces chanter,
Tant que l'esprit se voudra contenter
De ne vouloir rien fors que toy comprendre,

Je ne souhaitte encore point mourir.
Mais quand mes yeus je sentiray tarir,
Ma voix cassee, et ma main impuissante,

Et mon esprit en ce mortel sejour
Ne pouvant plus montrer signe d'amante,
Prirey la Mort noircir mon plus cler jour.

poésie de Louise Labé de Oeuvres (1555)Signalez un problèmeDes citations similaires
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Baif, qui, comme moi, prouves l'adversité

Baif, qui, comme moi, prouves l'adversité,
Il n'est pas toujours bon de combattre l'orage,
Il faut caler la voile, et de peur du naufrage
Céder à la fureur de Neptune irrité.

Mais il ne faut aussi par crainte et vilité
S'abandonner en proie : il faut prendre courage,
Il faut feindre souvent l'espoir par le visage,
Et faut faire vertu de la nécessité.

Donques sans nous ronger le coeur d'un trop grand soin,
Mais de notre vertu nous aidant au besoin,
Combattons le malheur. Quant à moi, je proteste

Que je veux désormais fortune dépiter,
Et que si elle entreprend le me faire quitter,
Je le tiendrai, Baïf, et fût-ce de ma reste.

poésie de Joachim du BellaySignalez un problèmeDes citations similaires
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Constantin Brancusi

Il faut faire de l’art comme on respire, cela doit venir sans difficulté, sans angoisse.

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Confucius

Trois sortes d'amis sont utiles, trois sortes d'amis sont néfastes. Les utiles: un ami droit, un ami fidèle, un ami cultivé. Les néfastes: un ami faux, un ami mou, un ami bavard.

citation de ConfuciusSignalez un problèmeDes citations similaires
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Jacques Prevert

Déjeuner du matin

Il a mis le café
Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de café
Il a mis le sucre
Dans le café au lait
Et il a reposé la tasse
Sans me parler
Il a allumé
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier
Sans me parler
Sans me regarder
Il s'est levé
Il a mis
Son chapeau sur sa tête
Il a mis
Son manteau de pluie
Parce qu'il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Sans me regarder
Et moi j'ai pris
Ma tête dans ma main
Et j'ai pleuré.

poésie de Jacques PrevertSignalez un problèmeDes citations similaires
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Sigmund Freud

Celui qui est parvenu à accepter sans critique toutes les absurdités que lui offrent les doctrines religieuses, et même à fermer les yeux sur leurs mutuelles contradictions, n’est pas quelqu’un dont la faiblesse de pensée doive nous surprendre outre mesure. Or nous n’avons pas d’autres moyens pour dominer nos pulsions que notre intelligence. Comment peut-on attendre de personnes qui se trouvent sous la domination d’interdits de penser qu’ils accèdent à l’idéal psychologique, au primat de l’intelligence?

Sigmund Freud dans L'avenir d'une illusionSignalez un problèmeDes citations similaires
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Alfred de Musset

Tristesse

J'ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaieté;
J'ai perdu jusqu'à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.

Quand j'ai connu la Vérité,
J'ai cru que c'était une amie;
Quand je l'ai comprise et sentie,
J'en étais déjà dégoûté.

Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d'elle
Ici-bas ont tout ignoré.

Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d'avoir quelquefois pleuré.

poésie de Alfred de MussetSignalez un problèmeDes citations similaires
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Le Pêcheur d'écrevisses

Nez plat, grosse bouche en fer d’âne,
Et, sous les pommettes deux creux
Dans un long visage cireux,
Tout en menton et tout en crâne ;

Glabre, sec et la peau ridée ;
Un petit Å“il vif et louchon ;
Une jambe en tire-bouchon,
L’autre racornie et coudée ;

Boitant, mais de telle manière
Que, d’un côté marchant plus bas,
Il avait l’air, à chaque pas,
D’entrer un pied dans une ornière.

Les bras tombant à la rotule
Avec une très courte main :
Tel était le pauvre Romain,
Mon visiteur du crépuscule.

Ce gars pêchait des écrevisses
Dans tous les ruisseaux du ravin.
Le goût du tabac et du vin
Était la plus grand de ses vices.

À qui lui parlait blonde ou brune
Il disait de son ton drôlet :
« Faut croir’ que je n’ suis pas si laid
Puisque j’en trouve encor quéq’s unes. »

Ce maigre infirme, à jeun, comme ivre,
Rôdaillait le jour et la nuit...
Et, quand on marchait avec lui,
On avait du mal à le suivre.

S’il avait une ample capture,
Le soir, annoncé par mes chiens,
Il m’arrivait, criait : « J’en viens !
J’ vous apport’ de la nourriture. »

Exhalant des senteurs de fosses,
Il dépliait son grand mouchoir
Plein de bêtes, me faisait voir
Qu’elles étaient vives et grosses.

Je lui donnais un coup à boire,
Et, ça dépendait, deux et trois !..
Il buvait, tenant à dix doigts
Son verre comme un saint-ciboire.

Alors, sa pauvre face exsangue,
Prenant un petit ton vermeil,
Il disait : « C’est du jus d’ soleil ! »
En faisant cliqueter sa langue.

« Ah ! c’est ça qui donn’ de l’organe !
À présent, j’ chant’rais jusqu’à d’main.
Mais non, faut que j’renfil’ mon ch’min,
Sur trois jamb’s, en comptant ma canne ! »

Dans son vaste mouchoir, le même,
Il nouait serré son argent,
Grognait : « J’ m’ennuie en voyageant,
J’ demeur’ loin, et ça fait si blême !

Où q’ ya l’ paquet ? j’ vous prends un’ chique,
Ça m’ ravigot’ra l’estomac ! »
Il partait, mâchant son tabac,
En chantant un fredon bachique.

Un beau jour, je priai mon homme
De me raconter sa façon
De pêche. « À vous qu’ êt’ bon garçon,
Fit-il, j’ vas vous dir’ ça tout comme :

Et d’abord, le mond’ d’ordinaire
Font d’ l’écrevisse un poisson... bah !
De c’te rac’ là, ça n’en est pas,
Pas plus q’ moi d’ cell’ des millionnaires !

L’écreviss’, par sa têt’, sa queue,
Ses yeux sortis, ses poils tout droits,
L’ glissant d’ ses patt’, l’ serrant d’ ses doigts,
Par sa peau dure, noire et bleue,

Sauf qu’elle aim’ l’eau, c’est un insecte
Qui r’semb’ à ceux qu’on voit dans l’ corps
Des crapauds et des lézards morts.
Ah ! c’est amateur de c’ qu’ infecte !

Eh ben ! pourtant, moi, qui la pêche,
J’ peux m’en vanter, l’ mieux du canton,
J’ me sers jamais d’ têt’ de mouton,
Qu’ell’ soit pourrie ou qu’ell’ soit fraîche.

Avec ça faut un tas d’affaires,
D’ la ficell’, des engins d’ cordier,
Et des sous ? quand il faut payer,
C’est rar’ chez un qui n’en a guères.

Vous allez voir ! j’ vas en rapines,
Et j’ me coup’ dans quéq’ bon buisson
Un fagot, un vrai hérisson
Si tell’ment qu’il a des épines !

Partout, j’y mets d’ la peau d’ grenouille,
À l’eau j’ le jette, et puis ça yest !
Laissez fair’ ! je n’ suis pas inquiet :
J’ sais que j’ reviendrai pas bredouille.

Mais, c’est d’un travail qu’ est pas mince ;
Aussi vrai que j’ m’appell’ Romain,
L’ meilleur, c’est d’ pêcher à la main.
Dam’ ! faut s’ méfier ! pac’ que ça pince.

D’ailleurs, moi, j’ai fait l’ sacrifice
D’ mes dix doigts. Les morsur’ qu’i’s ont
C’est peu d’ chos’ ! Oui ! mais, pac’ qu’i’ sont
Aussi malins q’ les écrevisses.

En douceur, j’ les surprends, j’ les d’vine,
J’ sais où qu’a s’ tienn’, les joints d’ rocher,
Les renfoncis où j’ dois chercher,
Et l’habitud’ rend la main fine,

Aut’fois, est-c’pas ?— i’ faut qu’on s’ forme !
— J’ n’y voyais pas clair par les doigts,
J’ prenais des serpents — oh ! q’ c’est froid !
— Ma main r’connaissait pas une forme.

Oui ! mais à présent, l’ Diab’ me rompe !
Mes doigts ont des yeux pas berlus,
J’ les serr’ sur l’écreviss’, pas plus !
Et n’ya pas d’ danger que j’ me trompe.

Qui q’ ça fait q’ j’aye un’ jamb’ trop basse ?
Au contrair’, j’ai moins à m’ courber,
Et, quand i’ m’arriv’ de tomber,
Les rochers m’ connais’ : i’ m’ ramassent.

Et puis, voulez-vous que j’ vous dise ?
J’ s’rais pas infirm’, ça s’rait l’ mêm’ jeu ;
Je m’ plais trop dans c’ qu’a fait l’ bon Dieu,
Y flâner, c’est ma gourmandise ! »

Âme inculte, mais nuancée,
CÅ“ur de soleil et de brouillard,
Errant poète du regard,
De l’oreille et de la pensée,

Il les comprenait suivant l’heure
Les paysages qu’il vivait,
Et, dans la nature, il savait
Ce qui parle, rit, chante ou pleure.

Au fond de leurs gorges désertes
Il aimait ses ruisseaux obscurs
Qui glougloutaient, pierreux et purs,
Sous des arceaux de branches vertes.

Leur mystère était son royaume
Par lui si tendrement hanté
Qu’il avait l’air en vérité
D’en être l’âme et le fantôme.

À présent, il dort sous les saules.
Ce coteau, tant de fois grimpé,
Dans une boîte à pan coupé,
Il l’a gravi sur des épaules.

Et, tous mes regrets sur sa tombe
Offrent un hommage fervent
Au pauvre être que, si souvent,
J’évoque, lorsque la nuit tombe.

poésie de Maurice RollinatSignalez un problèmeDes citations similaires
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Il faut

Il faut survivre jusqu'à la menace
D'aneantir un jour, certain non ferier,
Porté, non plus s'est où... quel degueulasse?
Pourquoi, pourquoi on se ment, pour espèrer?

Il faut revivre tout ce qui s'est passé,
Pour te reprendre poussière perdue
Dans un vivant de faits, des jours cassés...
Pour en pouvoir tenir ta unique rue?

Il faut reprendre goùt de balader
Les lieux d'une fois, une fois, aux pieds tous nus,
Pouvoir ainsi du temps se l'exploser?!...
A quoi ça sert futur non prevenu?

Il faut quitter l'amour avant la fin,
Pour retenir suspense de son désastre?
Je ne sais pas; la vie est sans refrain
Pour le reprendre, un jour, après son astre?

Il faut qu'on sent ainsi tant de souffrance
Juste pour savoir qu'existe du bonneheur
Et qu'on apprend si peu de l'importance
Seulement après qu'on a vecu autant d'erreurs?

Il faut qu'on croit au faible mutilé,
Qui cherche a dire restant de son intègre,
Le regardant pour temps s'est vu passer,
D'un âme... qu'on garde caché, dans son tenebre!?

poésie de Daniel Aurelian Rădulescu (15 mai 2013)Signalez un problèmeDes citations similaires
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Robin Sharma

La vie nous file entre les doigts, comme le font les grains de sable, sans qu'il nous revienne jamais. Ceux qui savent faire une sage utilisation du temps sont récompensés d'une vie riche, productive et satisfaisante.

citation de Robin SharmaSignalez un problèmeDes citations similaires
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J'aime la liberté, et languis en service

J'aime la liberté, et languis en service,
Je n'aime point la cour, et me faut courtiser,
Je n'aime la feintise, et me faut déguiser,
J'aime simplicité, et n'apprends que malice ;

Je n'adore les biens, et sers à l'avarice,
Je n'aime les honneurs, et me les faut priser,
Je veux garder ma foi, et me la faut briser,
Je cherche la vertu, et ne trouve que vice !

Je cherche le repos, et trouver ne le puis,
J'embrasse le plaisir, et n'éprouve qu'ennuis,
Je n'aime à discourir, en raison je me fonde :

J'ai le corps maladif, et me faut voyager,
Je suis né pour la Muse, on me fait ménager ;
Ne suis-je pas, Morel, le plus chétif du monde ?

poésie de Joachim du BellaySignalez un problèmeDes citations similaires
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L'Étoile d'un fou

À force de songer, je suis au bout du songe ;
Mon pas n’avance plus pour le voyage humain,
Aujourd’hui comme hier, hier comme demain,
Rengaine de tourment, d’horreur et de mensonge !

Il me faut voir sans cesse, où que mon regard plonge,
En tous lieux, se dresser la Peur sur mon chemin ;
Satan fausse mes yeux, l’ennui rouille ma main,
Et l’ombre de la Mort devant moi se prolonge.

Reviens donc, bonne étoile, à mon triste horizon.
Unique espoir d’un fou qui pleure sa raison,
Laisse couler sur moi ta lumière placide ;

Luis encore ! et surtout, cher Astre médecin,
Accours me protéger, si jamais dans mon sein
Serpentait l’éclair rouge et noir du Suicide.

poésie de Maurice RollinatSignalez un problèmeDes citations similaires
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Bon frère et bon fils

Le notaire dit : « Jean ! il s’agit d’un partage.
Votre frère, passé pour mort,
Authentiquement vit encor.
Vous êtes maintenant deux pour votre héritage.

— Ça s’rait-il Dieu possibl’ ? ah ben ! grommelle Jean,
Faut partager l’bien et l’argent ?
Moi qui croyais mon frèr’ si poussièr’ dans sa fosse !
Mais p’êt’ ben q’la nouvelle est fausse ?...

— Vous auriez tort d’émettre un doute,
Ricane le tabellion. »

— D’m’êt’ cru seul héritier ? maintenant c’que ça m’en coûte !
On l’disait mort défunt : j’ai pas eu d’ réflexion,
Et, d’ordinair’, c’est pas c’qui m’ manque.
Si j’avais pu m’méfier, d’un’ ressuscitation,
Mon pèr’ m’eût fait d’la main à la main donation
D’ses écus et d’ses billets d’banque ;
Pas seul’ment ça, ben encor mieux !
Comme à volonté je m’nais l’vieux,
Terr’ et prés j’y faisais tout vendre,
Et, faisant argent d’tout, ainsi j’pouvais tout prendre !
C’est fort tout d’mêm’ ! mon frèr’, rien q’pour m’embarrasser,
Qui s’avis’ ben d’ détrépasser !
C’lui q’était notaire avant vous
Il disait : « Faut s’fier à personne :
Les morts vous tromp’ comme les fous. »
Enfin, j’peux pas dir’ que j’m’en fous,
Mais, ça yest... Faut que j’me raisonne !
Pourtant, puisque mon frère est un ch’ti mort qui r’vient
Pour partager c’qui m’appartient,
Alors, i’m’compens’ra, j’espère,
Moitié de c’qu’a coûté mon père
Pour sa bière et son enterr’ment. »
Et puis, tout bonhomiquement,
Il ajoute : « Mon Dieu, six francs ? c’est pas un’ somme !
J’y pay’rai ben tout seul ses quat’ planch’ à c’brave homme.

poésie de Maurice RollinatSignalez un problèmeDes citations similaires
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Un secret

Mon âme a son secret, ma vie a son mystère
Un amour éternel en un moment conçu:
Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire,
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.

Hélas! j'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses côtés et pourtant solitaire;
Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre,
Elle suit son chemin, distraite et sans entendre
Ce murmure d'amour élevé sur ses pas.

A l'austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle:
"Quelle est donc cette femme ?" Et ne comprendra pas!

poésie de Felix ArversSignalez un problèmeDes citations similaires
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