Si la perte des tiens, si les pleurs de ta mère
Si la perte des tiens, si les pleurs de ta mère,
Et si de tes parents les regrets quelquefois,
Combien, cruel Amour, que sans amour tu sois,
T'ont fait sentir le deuil de leur complainte amère :
C'est or qu'il faut montrer ton flambeau sans lumière,
C'est or qu'il faut porter sans flèches ton carquois,
C'est or qu'il faut briser ton petit arc turquois,
Renouvelant le deuil de ta perte première.
Car ce n'est pas ici qu'il te faut regretter
Le père au bel Ascagne : il te faut lamenter
Le bel Ascagne même, Ascagne, ô quel dommage !
Ascagne, que Caraffe aimait plus que ses yeux :
Ascagne, qui passait en beauté de visage
Le beau coupier troyen qui verse à boire aux dieux.
poésie de Joachim du Bellay
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Des citations similaires
J'aime la liberté, et languis en service
J'aime la liberté, et languis en service,
Je n'aime point la cour, et me faut courtiser,
Je n'aime la feintise, et me faut déguiser,
J'aime simplicité, et n'apprends que malice ;
Je n'adore les biens, et sers à l'avarice,
Je n'aime les honneurs, et me les faut priser,
Je veux garder ma foi, et me la faut briser,
Je cherche la vertu, et ne trouve que vice !
Je cherche le repos, et trouver ne le puis,
J'embrasse le plaisir, et n'éprouve qu'ennuis,
Je n'aime à discourir, en raison je me fonde :
J'ai le corps maladif, et me faut voyager,
Je suis né pour la Muse, on me fait ménager ;
Ne suis-je pas, Morel, le plus chétif du monde ?
poésie de Joachim du Bellay
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Baif, qui, comme moi, prouves l'adversité
Baif, qui, comme moi, prouves l'adversité,
Il n'est pas toujours bon de combattre l'orage,
Il faut caler la voile, et de peur du naufrage
Céder à la fureur de Neptune irrité.
Mais il ne faut aussi par crainte et vilité
S'abandonner en proie : il faut prendre courage,
Il faut feindre souvent l'espoir par le visage,
Et faut faire vertu de la nécessité.
Donques sans nous ronger le coeur d'un trop grand soin,
Mais de notre vertu nous aidant au besoin,
Combattons le malheur. Quant à moi, je proteste
Que je veux désormais fortune dépiter,
Et que si elle entreprend le me faire quitter,
Je le tiendrai, Baïf, et fût-ce de ma reste.
poésie de Joachim du Bellay
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La Rançon
L'homme a, pour payer sa rançon,
Deux champs au tuf profond et riche,
Qu'il faut qu'il remue et défriche
Avec le fer de la raison;
Pour obtenir la moindre rose,
Pour extorquer quelques épis,
Des pleurs salés de son front gris
Sans cesse il faut qu'il les arrose.
L'un est l'Art, et l'autre l'Amour.
— Pour rendre le juge propice,
Lorsque de la stricte justice
Paraîtra le terrible jour,
Il faudra lui montrer des granges
Pleines de moissons, et des fleurs
Dont les formes et les couleurs
Gagnent le suffrage des Anges.
poésie de Charles Baudelaire de Les Fleurs du mal
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Il faut
Il faut survivre jusqu'Ã la menace
D'aneantir un jour, certain non ferier,
Porté, non plus s'est où... quel degueulasse?
Pourquoi, pourquoi on se ment, pour espèrer?
Il faut revivre tout ce qui s'est passé,
Pour te reprendre poussière perdue
Dans un vivant de faits, des jours cassés...
Pour en pouvoir tenir ta unique rue?
Il faut reprendre goùt de balader
Les lieux d'une fois, une fois, aux pieds tous nus,
Pouvoir ainsi du temps se l'exploser?!...
A quoi ça sert futur non prevenu?
Il faut quitter l'amour avant la fin,
Pour retenir suspense de son désastre?
Je ne sais pas; la vie est sans refrain
Pour le reprendre, un jour, après son astre?
Il faut qu'on sent ainsi tant de souffrance
Juste pour savoir qu'existe du bonneheur
Et qu'on apprend si peu de l'importance
Seulement après qu'on a vecu autant d'erreurs?
Il faut qu'on croit au faible mutilé,
Qui cherche a dire restant de son intègre,
Le regardant pour temps s'est vu passer,
D'un âme... qu'on garde caché, dans son tenebre!?
poésie de Daniel Aurelian Rădulescu (15 mai 2013)
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Croissez et multipliez
Ne sortant pas de faire jeûne,
Une fois, le père Lucas,
Sincère, et du fond de son âme,
Disait à ses quatre grands gars,
Tous, de l’aîné jusqu’au plus jeune,
Bien en âge de prendre femme :
« Mes enfants, faut peupler d’son espèc’ ! Ya pas d’trêve !
Faut q’tout c’qui vit engendre ! et qu’toujours s’accroissant,
Les êtr’ les uns aux autr’, sans fin, se r’pass’ leur sang,
Tel’ qu’aux racin’ des arb’ la terr’ coule sa sève.
Tout’ femelle est un champ où l’bon mâle i’ doit s’mer
La grain’ d’humanité qu’est dans l’grenier d’son être :
B’sogn’ douce et ben commod’ ! Puisqu’ y a besoin q’d’aimer,
Et q’sans plaisi’ pour l’homm’, l’enfant pourrait pas naître.
Dans c’champ-là qu’est l’plus nobl’ faut fair’ de beaux sillons,
Q’l’homme y mèn’ la charrue au c’mand’ment d’la nature,
Avec la bell’ chaleur du sang pour aiguillon
D’l’amour qui doit tout l’temps penser à sa culture !
Dans ceux chos’là , faut pas, trop à sa fantaisie,
Écouter les conseils du vice et d’la boisson.
En s’mant, i’ faut toujours songer à la moisson,
Féconder sérieusement l’épous’ qu’on a choisie.
Faut êt’ chaud, mais d’instinct réglé comm’ ceux bêt’ fauves ;
D’êt’ trop paillard ou d’l’êt pas assez… C’est un tort !
Dit’ vous ben qu’vous êt’ vu, quand l’amour joint les corps,
Par le grand oeil d’en haut dont pas un homm’ se sauve.
Dieu merci ! vous n’êt’ pas des poussifs à teint pâle,
Vous avez bonn’ poitrine et fort tempérament,
Vous d’vez donc tous les quat’ faire offic’ de bons mâles,
Accomplir sans tricher vot’ destin d’engross’ment.
Mangez fort ! et fait’-vous du sang, des muscl’, des os !
Buvez ! mais sans jamais perd’ la raison d’un’ ligne ;
Pas trop d’pein’ ! Ceux qui s’us’ au travail sont des sots.
Réglez la sueur du corps ainsi q’le jus d’la vigne !
Comm’ faut q’la femm’ soit pure avec des yeux ardents,
Q’fièr’ dans les bras d’l’époux qui n’cherch’ qu’à la rend’ mère
Ell’ yoffr’ l’instant d’bonheur qui fait claquer ses dents
Pour que leur vie ensemb’ ne soit jamais amère.
Voyez-vous ? l’trôn’ d’un’ femme ? C’est l’lit d’son cher époux.
C’est là q’jeune ell’ pratiq’ l’amour sans badinage,
Et q’vieille ell’ prend, des fois, encore un r’pos ben doux
Au long d’son vieux, après les soucis du ménage.
Là -d’sus buvons un coup ! dans ceux chos’ de l’amour
J’vous souhait’ de pas vous j’ter comme un goret qui s’vautre,
Et que, pour chacun d’vous, l’plus cher désir toujours :
Ça soit d’faire des enfants qui puiss’ en faire d’autres !
poésie de Maurice Rollinat
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On donne les degrés au savant écolier
On donne les degrés au savant écolier,
On donne les états à l'homme de justice,
On donne au courtisan le riche bénéfice
Et au bon capitaine on donne le collier :
On donne le butin au brave aventurier,
On donne à l'officier les droits de son office,
On donne au serviteur le gain de son service,
Et au docte poète on donne le laurier.
Pourquoi donc fais-tu tant lamenter Calliope
Du peu de bien qu'on fait à sa gentille troppe ?
Il faut, Jodelle, il faut autre labeur choisir
Que celui de la Muse, Ã qui veut qu'on l'avance
Car quel loyer veux-tu avoir de ton plaisir,
Puisque le plaisir même en est la récompense ?
poésie de Joachim du Bellay
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C'est sur soi-même qu'il faut oeuvrer, c'est en soi-même qu'il faut chercher.
citation de Paracelse
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C'est sur soi-même qu'il faut œuvrer, c'est en soi-même qu'il faut chercher.
citation de Paracelse
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Tu dis que Du Bellay tient réputation
Tu dis que Du Bellay tient réputation,
Et que de ses amis à ne tient plus de compte :
Si ne suis-je seigneur, prince, marquis ou comte,
Et n'ai changé d'état ni de condition.
Jusqu'ici je ne sais que c'est d'ambition,
Et pour ne me voir grand ne rougis point de honte :
Aussi ma qualité ne baisse ni ne monte,
Car je ne suis sujet qu'Ã ma complexion.
Je ne sais comme il faut entretenir son maître,
Comme il faut courtiser, et moins quel il faut être
Pour vivre entre les grands, comme on vit aujourd'hui.
J'honore tout le monde et ne fâche personne :
Qui me donne un salut, quatre je lui en donne :
Qui ne fait cas de moi, je ne fais cas de lui.
poésie de Joachim du Bellay
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Il faut faire de l’art comme on respire, cela doit venir sans difficulté, sans angoisse.
citation de Constantin Brancusi
Ajouté par Dan Costinaş
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Le problème du mariage c'est qu'il meurt toutes les nuits après l'amour et qu'il faut le reconstruire tous les matins avant le petit déjeuner.
Gabriel GarcÃa Márquez dans L'amour au temps du choléra
Ajouté par Simona Enache
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Le Veuf
C’que c’est ! j’ me s’rais pas cru r’mariable...
Et v’là que j’ trouve un aut’ parti !
D’avec moi l’ diable était parti :
Faut que j’ me r’mette avec le Diable !
Content d’êt’ plus qu’un, je me r’double.
J’étais dans la paix, je m’ retrouble.
D’humeur et d’ facons lib’ comm’ l’air,
V’là que je m’ reboucl’ dans les fers !
Vous en comprenez ben l’ pourquoi.
J’ suis en chair et non pas en bois.
Ceux f’mell’ qui m’échauff’ tant la bile
J’ rest’ pas un jour sans y penser ;
Et dir’ ! si j’ pouvais m’en passer,
Que j’ s’rais mon seul maîtr’, si tranquille !
Enfin, faut espérer q’ la nouvell’ que j’ vas prendre,
Dans sa natur’ de femme agit et pens’ comm’ moi.
C’qui prouv’rait qu’en amour si j’ suis pas d’ ceux plus froids,
Ell’, non plus, tout à fait, ell’ gèl’ pas à pierr’ fendre.
poésie de Maurice Rollinat
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La Femme stérile
Ses jupons troussés court comme sa devantière,
Sous ses gros bas bleus bien tirés
Laissant voir ses mollets cambrés
À mi-chemin des jarretières,
S’en vient près du vieux cantonnier
La femme rousse du meunier :
Cheveux frisés sur des yeux mièvres,
Blanche de peau, rouge de lèvres,
Le corsage si bien rempli
Qu’il bombe aux deux endroits, sans pli,
Cotillon clair moulant énormes
Le callipyge de ses formes.
Voilà ce qu’elle dit alors au père Pierre
En train de casser de la pierre :
« Voyez ! si l’on n’a pas d’malheur,
Et si n’faut pas que l’diab’ s’en mêle !
J’suis pourtant un’ solid’ femelle,
En plein’ force et dans tout’ sa fleur,
Eh ben ! yaura six ans à Pâques
Que j’somm’ mariés, et q’tels qu’avant,
Nous pouvons pas avoir d’enfant !
Ça s’ra pour c’te fois, disait Jacques,
Mais toujou sans p’tit le temps passa…
Et qu’on en voudrait tant un ! Dame !
C’est pas d’not’ faut’ ! l’homme et la femme
On fait ben tout c’qui faut pour ça.
J’ai fait dir’ des mess’ de pèl’rins,
Brûler des cierg’ aux saints, aux saintes,
Dans des églis’ en souterrains,
Mais ouah ! j’suis pas d’venue enceinte.
Les prièr’ ? les r’mèd’ de tout’ sorte ?
Méd’cins ? Curés ? n’m’ont servi d’rin.
J’suis tell’ comme un mauvais terrain
Qu’on ens’menc’ ben sans qu’i’ rapporte.
Et vrai ! C’est pourtant pas qu’on triche !
Mais, des fois, vous q’êt’s’ un ancien.
Si vous connaissiez un moyen ?
Faut me l’donner ! mon pèr’ Pierriche.
Alors, le vieux lâchant sa masse,
À genoux sur son tas, voûté,
Lui répond avec la grimace
Du satyre qu’il est resté,
La couvant de son Å“il vert brun
Qui lèche, tâte, enlace, vrille :
« Sais-tu c’que t’as à fair’, ma fille ?
Eh ben ! faut aller à l’emprunt.
Et la meunière aux yeux follets,
Qui sait ce que parler veut dire,
S’écrie en éclatant de rire :
« Vous seriez l’prêteur, si j’voulais.
Hein ? fiez-vous donc à c’bon apôtre !
Mais j’veux pas d’vous, vieux scélérat !
Et lui : « T’as ma r’cett’ qui pourra
P’t’êt’ ben t’servir avec un autre.
poésie de Maurice Rollinat
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L’amitié est comme un livre; il faut des années pour l’écrire, mais il ne faut que quelques secondes pour la brûler.
auteur inconnu/anonyme
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Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être au-dessus des hommes, il faut être avec eux.
citation de Montesquieu
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Le plus dur pour les hommes politiques, c’est d’avoir la mémoire qu’il faut pour se souvenir de ce qu’il ne faut pas dire.
citation de Coluche
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Il faut avoir une haute idée, non pas de ce qu'on fait, mais de ce qu'on pourra faire un jour ; sans quoi ce n'est pas la peine de travailler.
citation de Edgar Degas
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Pour accomplir de grandes choses il ne suffit pas d'agir il faut rêver; il ne suffit pas de calculer, il faut croire.
Anatole France dans discours de réception, séance de l'Académie Française (24 décembre 1896)
Ajouté par Dan Costinaş
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Le secret du bonheur en amour, ce n'est pas d'être aveugle mais de savoir fermer les yeux quand il le faut.
citation de Simone Signoret
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Il faut tendre la main à ses amis sans fermer les doigts.
citation de Diogene
Ajouté par Simona Enache
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