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Les pieds nus de ma poésie

Les pieds nus de ma poésie
Ont peu de poids
Cherche la trace de ses pas
Sur cette eau tranquille
Comme un visage éclairé

Toute puissance agenouillée
Chanson matinale

Il brille
Une étoile toute nouvelle
Et la chanson la plus belle
Est celle que j'ai chantée
Pour accepter ces minutes
Oů mon bonheur se décide

Oů toute chose s'arręte

A la merci d'un beau vers.

poésie de Odilon-Jean Perier de La maison de verreSignalez un problèmeDes citations similaires
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Des citations similaires

C'est une fontaine perdue et malheureuse. Elle n'est pas protégée. On l'a laissée comme ça, en pleins champs découverts; elle est faite d'un tuyau de canne, d'un corps de peuplier creux. Elle est là toute seule. L'été, le soleil qui boit comme un âne, sèche son bassin en trois coups de museau; le vent se lave les pieds sous le canon et gaspille toute l'eau dans la poussière. L'hiver, elle gèle jusqu'au coeur. Elle n'a pas de chance: comme toute cette terre.

Jean Giono dans Regain (1930)Signalez un problèmeDes citations similaires
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Villanelle

En ce mois délicieux,
Qu'amour toute chose incite,
Un chacun à qui mieux mieux
La douceur' du temps imite,
Mais une rigueur dépite
Me fait pleurer mon malheur.
Belle et franche Marguerite
Pour vous j'ai cette douleur.
Dedans votre oeil gracieux
Toute douceur est écrite,
Mais la douceur de vos yeux
En amertume est confite,
Souvent la couleuvre habite
Dessous une belle fleur.
Belle et franche Marguerite,
Pour vous j'ai cette douleur.
Or, puis que je deviens vieux,
Et que rien ne me profite,
Désespéré d'avoir mieux,
Je m'en irai rendre ermite,
Pour mieux pleurer mon malheur.
Belle et franche Marguerite,
Pour vous j'ai cette douleur.
Mais si la faveur des Dieux
Au bois vous avait conduite,
Ou, d'espérer d'avoir mieux,
Je m'en irai rendre ermite,
Peut être que ma poursuite
Vous ferait changer couleur.
Belle et franche Marguerite
Pour vous j'ai cette douleur.

poésie de Joachim du BellaySignalez un problèmeDes citations similaires
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Plaisir d’amour

Plaisir d’amour ne dure qu’un moment.
chagrin d’amour dure toute la vie.
J’ai tout quitté pour l’ingrate Sylvie.
Elle me quitte et prend un autre amant.
Plaisir d’amour ne dure qu’un moment.
chagrin d’amour dure toute la vie.
"Tant que cette eau coulera doucement
vers ce ruisseau qui borde la prairie,
Je t’aimerai", me répétait Sylvie.
L’eau coule encore. Elle a changé pourtant.
Plaisir d’amour ne dure qu’un moment.
chagrin d’amour dure toute la vie.

poésie de Jean Pierre Claris De Florian (1785)Signalez un problèmeDes citations similaires
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L'Aveugle

L’humble vieille qui se désole
Dit, gémissant chaque parole :
« Contr’ le sort j’ n’ai plus d’ résistance.
Que l’ bon Dieu m’appell’ donc à lui !
La tomb’ s’ra jamais que d’ la nuit
Ni plus ni moins q’ mon existence.

Mais la fille s’écrie, essuyant une larme :
Parlez pas d’ ça ! J’ vas dire un’ bell’ complaint’ d’aut’fois, »
Et, quenouille à la taille, un fuseau dans les doigts,
Exhale de son cœur la musique du charme.

La vieille aveugle, assise au seuil de sa chaumière,
Écoute avidement la bergère chanter,
Au son de cette voix semblant les enchanter
On dirait que ses yeux retrouvent la lumière.

Tour à tour elle rit, parle, soupire et pleure,
Étend ses maigres doigts d’un geste de désir
Vers quelque objet pensé qu’elle ne peut saisir,
Ou, comme extasiée, immobile demeure.

Et, lorsque la bergère a fini sa chanson,
Elle lui dit : « Merci ! tu m’as rendu l’ frisson,
La couleur, et l’ bruit du feuillage,

Tu m’as fait r’voir l’eau claire et l’ beau soleil luisant,
Mon enfanc’, ma jeuness’, mes amours ! À présent
J’ peux ben faire le grand voyage.

poésie de Maurice RollinatSignalez un problèmeDes citations similaires
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William Butler Yeats

Le manteau

J’ai fait un manteau de ma chanson,
Couvert de broderies
Tirées de vieilles mythologies
De la gorge jusqu'au talon;
Mais les sots ont mis la main dessus,
L’ont porté au vu et au su
De tous, comme s’il était leur ouvrage.
Chanson, qu'ils le prennent donc:
On entreprend davantage
En allant nu.

poésie de William Butler Yeats de Responsabilités (1914)Signalez un problèmeDes citations similaires
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Charles Baudelaire

Bien loin d'ici

C'est ici la case sacrée
Où cette fille très parée,
Tranquille et toujours préparée,

D'une main éventant ses seins,
Et son coude dans les coussins,
Écoute pleurer les bassins:

C'est la chambre de Dorothée.
— La brise et l'eau chantent au loin
Leur chanson de sanglots heurtée
Pour bercer cette enfant gâtée.

Du haut en bas, avec grand soin.
Sa peau délicate est frottée
D'huile odorante et de benjoin.
— Des fleurs se pâment dans un coin.

poésie de Charles Baudelaire de Les Fleurs du malSignalez un problèmeDes citations similaires
Ajouté par Simona Enache
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L'Ange pâle

À la longue, je suis devenu bien morose :
Mon rêve s’est éteint, mon rire s’est usé.
Amour et Gloire ont fui comme un parfum de rose ;
Rien ne fascine plus mon cœur désabusé.

Il me reste pourtant un ange de chlorose,
Enfant pâle qui veille et cherche à m’apaiser ;
Sorte de lys humain que la tristesse arrose
Et qui suspend son âme aux ailes du baiser.

Religieux fantôme aux charmes narcotiques !
Un fluide câlin sort de ses doigts mystiques ;
Le rythme de son pas est plein de nonchaloir.

La pitié de son geste émeut ma solitude ;
À toute heure, sa voix infiltreuse d’espoir
Chuchote un mot tranquille à mon inquiétude.

poésie de Maurice RollinatSignalez un problèmeDes citations similaires
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Le Bruit de l'eau

Chanson neuve et toujours la même
Que la rivière dit au vent,
À l’objet inerte et mouvant,
Au soir brun comme au matin blême.

Pour moi, tu n’es pas un emblème
Du bruit humain si décevant,
Chanson neuve et toujours la même
Que la rivière dit au vent.

Dans la solitude que j’aime
Tu berces mon esprit rêvant,
Et tu m’apaises bien souvent
Quand je grince ou quand je blasphème,
Chanson neuve et toujours la même.

poésie de Maurice RollinatSignalez un problèmeDes citations similaires
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L'étang du mauvais pas

Fuis l'étang du mauvais pas,
Crains l'ogre qu'on y soupçonne,
Gare au monstre du trépas !

On dit qu'il fit ses repas
Maintes fois d'une personne...
Fuis l'étang du mauvais pas !

Crois-moi ! tiens ! entends ce glas !
C'est comme un avis qui sonne.
Gare au monstre du trépas !

Mais, incrédule est le gars.
Il part, sa chanson résonne...
Fuis l'étang du mauvais pas !

Bah ! il n'en fait aucun cas,
Cette vieille déraisonne.
Gare au monstre du trépas

S'allonger la nuit ? non pas.
Pour lui toute route est bonne...
Fuis l'étang du mauvais pas !

Allons donc ! les pays plats ?
C'est sûr ! et rien ne l'étonne.
Gare au monstre du trépas !

Sa marche ouvre son compas
Tranquille. Pourtant, il tonne...
Fuis l'étang du mauvais pas !

Le vent claque lourd, au ras
Du feuillage qui moutonne.
Gare au monstre du trépas !

D'accent triste, à soupirs las,
Une voix longue marmonne :
Fuis l'étang du mauvais pas !

Voici les joncs scélérats
Encadrant l'eau qui charbonne.
Gare au monstre du trépas !

L'homme dans leur louche amas
S'engage, sans qu'il frissonne.
Fuis l'étang, du mauvais pas !

La nuit fonce encor ses draps,
Eclairs, brouillards, l'environnent.
Gare au monstre du trépas !

Lui, calme, au croulant fracas,
Garde son humeur luronne.
Fuis l'étang du mauvais pas !

Soudain, de l'eau sort un bras,
Puis, une main le harponne...
Gare au monstre du trépas !

Ô le plus noir des combats !
Il reparaît, replongeonne...
Fuis l'étang du mauvais pas !

Il descend toujours plus bas
Sous l'onde qui tourbillonne...
Gare au monstre du trépas !

Et, lent, dans les roseaux gras,
L'ogre assassin le mâchonne.
Fuis l'étang du mauvais pas !

Telle s'accomplit, hélas !
La légende berrichonne.
Fuis l'étang du mauvais pas,
Gare au monstre du trépas !

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L'Étang du mauvais pas

Fuis l’étang du mauvais pas,
Crains l’ogre qu’on y soupçonne,
Gare au monstre du trépas !

On dit qu’il fit ses repas
Maintes fois d’une personne...
Fuis l’étang du mauvais pas !

Crois-moi ! tiens ! entends ce glas !
C’est comme un avis qui sonne.
Gare au monstre du trépas !

Mais, incrédule est le gars.
Il part, sa chanson résonne...
Fuis l’étang du mauvais pas !

Bah ! il n’en fait aucun cas,
Cette vieille déraisonne.
Gare au monstre du trépas

S’allonger la nuit ? non pas.
Pour lui toute route est bonne...
Fuis l’étang du mauvais pas !

Allons donc ! les pays plats ?
C’est sûr ! et rien ne l’étonne.
Gare au monstre du trépas !

Sa marche ouvre son compas
Tranquille. Pourtant, il tonne...
Fuis l’étang du mauvais pas !

Le vent claque lourd, au ras
Du feuillage qui moutonne.
Gare au monstre du trépas !

D’accent triste, à soupirs las,
Une voix longue marmonne :
Fuis l’étang du mauvais pas !

Voici les joncs scélérats
Encadrant l’eau qui charbonne.
Gare au monstre du trépas !

L’homme dans leur louche amas
S’engage, sans qu’il frissonne.
Fuis l’étang, du mauvais pas !

La nuit fonce encor ses draps,
Éclairs, brouillards, l’environnent.
Gare au monstre du trépas !

Lui, calme, au croulant fracas,
Garde son humeur luronne.
Fuis l’étang du mauvais pas !

Soudain, de l’eau sort un bras,
Puis, une main le harponne...
Gare au monstre du trépas !

Ô le plus noir des combats !
Il reparaît, replongeonne...
Fuis l’étang du mauvais pas !

Il descend toujours plus bas
Sous l’onde qui tourbillonne...
Gare au monstre du trépas !

Et, lent, dans les roseaux gras,
L’ogre assassin le mâchonne.
Fuis l’étang du mauvais pas !

Telle s’accomplit, hélas !
La légende berrichonne.
Fuis l’étang du mauvais pas,
Gare au monstre du trépas !

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En battant le beurre

Dans sa grande jatte de grès,
L’Angélique, la belle veuve,
Avec sa crème toute neuve
Fabrique un peu de beurre frais.

Ses doigts et sa batte à loisir
Fouettent, pressent, foulent, tripotent,
Tournent, roulent, piquent, tapotent
La crème lente à s’épaissir.

Enfin, déjà compacts, les grumeaux s’agglomèrent
Et prennent par degrés leur coloris d’or blond :
Elle aura bientôt fait son pain ovale et rond.
Mais, dévorant des yeux la tentante commère,
En face d’elle, assis à cheval sur sa chaise,
Coude et pieds aux barreaux, voilà que le grand Blaise,
Son soupirant câlin, lui parle à mots si doux,
Que, toute tressaillante à ce regard de faune,
Elle aspire la voix du beau meunier blanc-roux.
Tandis que dans son pot, moins serré des genoux,
S’endort las et distrait son petit bâton jaune.

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André Gide

Regarde le soir comme si le jour y devait mourir et le matin comme si toute chose y naissait. Que ta vision soit à chaque instant nouvelle. Le sage est celui qui s'étonne de tout.

citation de André GideSignalez un problèmeDes citations similaires
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La Chanson de la perdrix grise

La chanson de la perdrix grise
Ou la complainte des grillons,
C’est la musique des sillons
Que j’ai toujours si bien comprise.

Sous l’azur, dans l’air qui me grise,
Se mêle au vol des papillons
La chanson de la perdrix grise
Ou la complainte des grillons.

Et l’ennui qui me martyrise
Me darde en vain ses aiguillons,
Puisqu’à l’abri des chauds rayons
J’entends sur l’aile de la brise
La chanson de la perdrix grise.

poésie de Maurice RollinatSignalez un problèmeDes citations similaires
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Charles Baudelaire

À Celle qui est trop gaie

Ta tête, ton geste, ton air
Sont beaux comme un beau paysage;
Le rire joue en ton visage
Comme un vent frais dans un ciel clair.

Le passant chagrin que tu frôles
Est ébloui par la santé
Qui jaillit comme une clarté
De tes bras et de tes épaules.

Les retentissantes couleurs
Dont tu parsèmes tes toilettes
Jettent dans l'esprit des poètes
L'image d'un ballet de fleurs.

Ces robes folles sont l'emblème
De ton esprit bariolé;
Folle dont je suis affolé,
Je te hais autant que je t'aime!

Quelquefois dans un beau jardin
Où je traînais mon atonie,
J'ai senti, comme une ironie,
Le soleil déchirer mon sein,

Et le printemps et la verdure
Ont tant humilié mon coeur,
Que j'ai puni sur une fleur
L'insolence de la Nature.

Ainsi je voudrais, une nuit,
Quand l'heure des voluptés sonne,
Vers les trésors de ta personne,
Comme un lâche, ramper sans bruit,

Pour châtier ta chair joyeuse,
Pour meurtrir ton sein pardonné,
Et faire à ton flanc étonné
Une blessure large et creuse,

Et, vertigineuse douceur!
À travers ces lèvres nouvelles,
Plus éclatantes et plus belles,
T'infuser mon venin, ma soeur!

poésie de Charles Baudelaire de Les Fleurs du malSignalez un problèmeDes citations similaires
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La vie offre toujours une revanche, soyez en certains.... un jour la roue tourne, comme le flux et le reflux des vagues sur la plage, la vie va et vient, elle n'est jamais toute noire ni toute blanche.

citation de Josette SauthierSignalez un problèmeDes citations similaires
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Guillaume Apollinaire

La Loreley

A Bacharach il y avait une sorcière blonde
Qui laissait mourir d'amour tous les hommes à la ronde

Devant son tribunal l'évêque la fit citer
D'avance il l'absolvit à cause de sa beauté

Ô belle Loreley aux yeux pleins de pierreries
De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie

Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits
Ceux qui m'ont regardée évêque en ont péri

Mes yeux ce sont des flammes et non des pierreries
Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie

Je flambe dans ces flammes Ô belle Loreley
Qu'un autre te condamne tu m'as ensorcelé

Évêque vous riez Priez plutôt pour moi la Vierge
Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protège

Mon amant est parti pour un pays lointain
Faites-moi donc mourir puisque je n'aime rien

Mon coeur me fait si mal il faut bien que je meure
Si je me regardais il faudrait que j'en meure

Mon coeur me fait si mal depuis qu'il n'est plus là
Mon coeur me fit si mal du jour où il s'en alla

L'évêque fit venir trois chevaliers avec leurs lances
Menez jusqu'au couvent cette femme en démence

Va-t'en Lore en folie va Lore aux yeux tremblants
Tu seras une nonne vêtue de noir et blanc

Puis ils s'en allèrent sur la route tous les quatre
La Loreley les implorait et ses yeux brillaient comme des astres

Chevaliers laissez-moi monter sur ce rocher si haut
Pour voir une fois encore mon beau château

Pour me mirer une fois encore dans le fleuve
Puis j'irai au couvent des vierges et des veuves

Là-haut le vent tordait ses cheveux déroulés
Les chevaliers criaient Loreley Loreley

Tout là-bas sur le Rhin s'en vient une nacelle
Et mon amant s'y tient il m'a vue il m'appelle

Mon coeur devient si doux c'est mon amant qui vient
Elle se penche alors et tombe dans le Rhin

Pour avoir vu dans l'eau la belle Loreley
Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil

poésie de Guillaume Apollinaire de Alcools (1913)Signalez un problèmeDes citations similaires
Ajouté par George Budoi
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La Petite Sœur

En gardant ses douze cochons
Ainsi que leur mère qui grogne,
Et du groin laboure, cogne,
Derrière ses fils folichons,

La sœurette, bonne d’enfant,
Porte à deux bras son petit frère
Qu’elle s’ingénie à distraire,
Tendre, avec un soin émouvant.

C’est l’automne : le ciel reluit.
Au long des marais de la brande
Elle va, pas beaucoup plus grande,
Ni guère plus grosse que lui.

Ne s’arrêtant pas de baiser
La petite tête chenue,
Sa bouche grimace, menue,
Rit à l’enfant pour l’amuser.

Elle lui montre le bouleau ;
Et lui dit : « Tiens ! la belle glace ! »
Et le tenant bien, le déplace
Pour le pencher un peu sur l’eau.

Et puis, par elle sont épiés
Tous les désirs de ses menottes ;
Elle chatouille ses quenottes,
Elle palpe ses petits pieds.

Sa chevelure jaune blé
Gazant son œil bleu qui l’étoile,
Contre le soleil fait un voile,
Au baby frais et potelé.

Ils sont là, parmi les roseaux,
Dans la Nature verte et rousse,
Au même titre que la mousse,
Les insectes et les oiseaux :

Aussi poétiques à l’œil,
Vénérables à la pensée !
Double âme autant qu’eux dispensée
De l’ennui, du mal et du deuil !

Par instants, un petit cochon,
Sous son poil dur et blanc qui brille,
Tout rosâtre, la queue en vrille,
Vient vers eux d’un air drôlichon.

Il s’en approche, curieux,
Les lorgne comme deux merveilles,
Et repart, ses longues oreilles
Tapotant sur ses petits yeux.

Et puis, c’est un lézard glissant,
Ou leur chienne désaccroupie,
Éternuant, tout ébaubie,
Pendant son grattage plaisant.

Alors la sœur dit au petiot
Dont l’œil suivait un vol de mouche :
« Regarde-la donc qui se mouche
« Et qui s’épuce — la Margot ! »

Au souffle du vent caresseur
Chacun fait son bruit monotone :
Ce qu’elle dit — ce qu’il chantonne :
Même vague et même douceur !

Entre des vols de papillons
Leur murmure plein d’indolence
S’harmonise dans le silence
Avec la chanson des grillons.

Mais le marmot que le besoin
Gouverne encore à son caprice
Crie et réclame sa nourrice
En agitant son petit poing.

Ses pleurs sont à peine séchés
Qu’il en reperle sur sa joue...
La sœurette lutine et joue
Avec ces chagrins si légers.

À mesure qu’il geint plus fort,
Que davantage il se désole,
Sa patience le console
Avec plus de sourire encor.

Le tourment de l’enfant navré
A grossi les larmes qu’il verse...
Elle le berce — elle le berce,
Le pauvre tout petit sevré !

Elle l’appelle « son Jésus ! »
Le berce encore et lui reparle,
Tant qu’elle endort le petit Charle,
Mais l’âge reprend le dessus.

Elle est fatiguée, elle a faim.
Elle va comme une machine,
Renversant un peu son échine
Sous ce poids trop lourd à la fin.

L’enfant recommence à crier :
Sa sœur met sa force dernière
À le porter — taille en arrière
Que toujours plus on voit plier.

C’est temps qu’il ne dise plus rien !
Sur sa capote elle le pose,
Et pendant qu’il sommeille, rose,
Elle mange auprès, va, revient,

D’un pied mutin, vif et danseur.
Et quand le petiot se réveille,
Il retrouve toujours pareille
La Maternité de sa sœur.

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La Meunière

La meunière, une forte et rougeaude jeunesse,
Chantait dans sa charrette en piquant son bardeau ;
Tout à coup, l’animal quittant son pas lourdaud,
Partit brusque ! il venait de sentir une ânesse.

Celle-ci, l’ayant vu du fond du brouillard pâle,
D’un long cri de désir hélait le bourriquot
Lequel hâtait sa course en ébranlant l’écho
D’un grand hi-han tout plein de sa vigueur de mâle.

Jointe, ce fut l’éclair ! Entre ses pieds roidis
Il lui serra les flancs et l’eut toute ! Et, tandis
Qu’allaient se consommant ces amours bucoliques,

Renversée en arrière, avec un œil fripon,
La meunière, à deux mains rabattant son jupon,
Riait, jambes en l’air sur les limons obliques.

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La meunière

La meunière, une forte et rougeaude jeunesse,
Chantait dans sa charrette en piquant son bardeau ;
Tout à coup, l'animal quittant son pas lourdaud,
Partit brusque ! il venait de sentir une ânesse.

Celle-ci, l'ayant vu du fond du brouillard pâle,
D'un long cri de désir hélait le bourriquot
Lequel hâtait sa course en ébranlant l'écho
D'un grand hi-han tout plein de sa vigueur de mâle.

Jointe, ce fut l'éclair ! Entre ses pieds roidis
Il lui serra les flancs et l'eut toute ! Et, tandis
Qu'allaient se consommant ces amours bucoliques,

Renversée en arrière, avec un oeil fripon,
La meunière, à deux mains rabattant son jupon,
Riait, jambes en l'air sur les limons obliques.

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Ma vieille pipe

Quand j’ai ma pipe en merisier,
Toute mon âme se parfume ;
Et je la fume et la refume,
Sans pouvoir me rassasier.

Cet automne, à son cher brasier,
J’ai nargué le vent et la brume.
Quand j’ai ma pipe en merisier
Toute mon âme se parfume.

Elle n’a qu’un tuyau d’osier ;
Mais les vers coulent de ma plume,
Toutes les fois que je l’allume,
Et j’ai de quoi m’extasier,
Quand j’ai ma pipe en merisier.

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