silence sur le lac...
seuls la brume et le vent
parmi le roseau sec
haïku de Doina-Maria Tudor
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Des citations similaires

L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant.
Blaise Pascal dans Pensées, VI
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L'Hôte suspect
Nous sommes bien seuls au bas de cette côte !
Bien seuls ! Et minuit qui tinte au vieux coucou !
J’ai peur ! l’étranger m’inquiète beaucoup.
Il quitte le feu, s’en rapproche, s’en ôte,
Ne parle qu’à peine, et jamais à voix haute :
Cet individu médite un mauvais coup !
Nous sommes bien seuls au bas de cette côte !
Bien seuls ! Et minuit qui tinte au vieux coucou !
Oh ! ce que je rêve est horrible : mon hôte
Poursuit la servante avec un grand licou.
J’accours ! mais je tombe un couteau dans le cou,
Éclaboussé par sa cervelle qui saute…
— Nous sommes bien seuls au bas de cette côte !
poésie de Maurice Rollinat
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Le Soleil sur les pierres
Sur les rocs, comme au ciel, le monarque du feu
Se donne, ici, libre carrière.
L’œil cuit, caché sous la paupière,
Aux fulgurants reflets du grisâtre et du bleu.
Fourmillements d’éclairs de miroirs, de rapières
Et de diamants... il en pleut !
L’astre brûle : sa roue épand sa chaleur fière,
Autant du tour que du moyeu.
Ni nuage, ni vent, ni brume, ni poussière !
Il s’étale, entre comme il veut,
Doublé, répercuté partout, et rien ne peut
Faire un écran à sa lumière.
Pas l’ombre d’un lézard ou d’un serpent, si peu
Que ce soit ! d’aucune manière !
Pas une libellule au repos comme au jeu !
Rien, pas même une fourmilière !
Pas un spectre d’ajonc, pas un fil de bruyère !
Le nu des braises, c’est ce lieu
Où la Mort à foison réalise son vœu
De solitude bien entière.
Là, sans même un torrent qui gronde à son milieu,
Triomphe inertement l’éternelle matière.
Désert, vide, silence et splendeur : l’astre-dieu
Mire son infini dans l’enfer de la pierre.
poésie de Maurice Rollinat
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La flûte
Je n'étais qu'une plante inutile, un roseau.
Aussi je végétais, si frêle, qu'un oiseau
En se posant sur moi pouvait briser ma vie.
Maintenant je suis flûte et l'on me porte envie.
Car un vieux vagabond, voyant que je pleurais,
Un matin en passant m'arracha du marais,
De mon coeur, qu'il vida, fit un tuyau sonore,
Le mit sécher un an, puis, le perçant encore,
Il y fixa la gamme avec huit trous égaux;
Et depuis, quand sa lèvre aux souffles musicaux
Éveille les chansons au creux de mon silence,
Je tressaille, je vibre, et la note s'élance;
Le chapelet des sons va s'égrenant dans l'air;
On dirait le babil d'une source au flot clair;
Et dans ce flot chantant qu'un vague écho répète
Je sais noyer le coeur de l'homme et de la bête.
poésie de Jean Richepin
Ajouté par Simona Enache
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La Forme noire
C’est le grand silence des nuits
Auquel, seul, le vent s’amalgame.
Pleurant ses amoureux ennuis,
Pas une chouette qui clame !
Rien ! pas même un crapaud n’entame
Ce figement de tous les bruits.
Une forme d’homme ou de femme,
Tout le corps et les traits enfouis
Dans du noir, suit au long des buis
La rivière qui sent le drame.
Ses pas fiévreusement conduits
Disent assez ce qu’elle trame.
Sous les frissons d’ombre et de flamme,
Coulant des cieux épanouis,
Au milieu des joncs éblouis
Une barque est là qui se pâme.
L’inconnu saisit une rame,
Sonde un endroit creux comme un puits,
Se précipite... flac ! — Pauvre âme !
L’eau se referme — plate — et puis
C’est le grand silence des nuits.
poésie de Maurice Rollinat
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Comme l'on voit de loin sur la mer courroucée
Comme l'on voit de loin sur la mer courroucée
Une montagne d'eau d'un grand branle ondoyant,
Puis traînant mille flots, d'un gros choc aboyant
Se crever contre un roc, où le vent l'a poussée :
Comme on voit la fureur par l'Aquilon chassée
D'un sifflement aigu l'orage tournoyant,
Puis d'une aile plus large en l'air s'esbanoyant
Arrêter tout à coup sa carrière lassée :
Et comme on voit la flamme ondoyant en cent lieux
Se rassemblant en un, s'aiguiser vers les cieux,
Puis tomber languissante : ainsi parmi le monde
Erra la monarchie : et croissant tout ainsi
Qu'un flot, qu'un vent, qu'un feu, sa course vagabonde
Par un arrêt fatal s'est venue perdre ici.
poésie de Joachim du Bellay
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Ma vieille pipe
Quand j’ai ma pipe en merisier,
Toute mon âme se parfume ;
Et je la fume et la refume,
Sans pouvoir me rassasier.
Cet automne, à son cher brasier,
J’ai nargué le vent et la brume.
Quand j’ai ma pipe en merisier
Toute mon âme se parfume.
Elle n’a qu’un tuyau d’osier ;
Mais les vers coulent de ma plume,
Toutes les fois que je l’allume,
Et j’ai de quoi m’extasier,
Quand j’ai ma pipe en merisier.
poésie de Maurice Rollinat
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Le soleil sur les pierres
Sur les rocs, comme au ciel, le monarque du feu
Se donne, ici, libre carrière.
L'oeil cuit, caché sous la paupière,
Aux fulgurants reflets du grisâtre et du bleu.
Fourmillements d'éclairs de miroirs, de rapières
Et de diamants... il en pleut !
L'astre brûle : sa roue épand sa chaleur fière,
Autant du tour que du moyeu.
Ni nuage, ni vent, ni brume, ni poussière !
Il s'étale, entre comme il veut,
Doublé, répercuté partout, et rien ne peut
Faire un écran à sa lumière.
poésie de Maurice Rollinat
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La Musique
La musique souvent me prend comme une mer!
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile;
La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile
J'escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile;
Je sens vibrer en moi toutes les passions
D'un vaisseau qui souffre;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions
Sur l'immense gouffre
Me bercent. D'autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir!
poésie de Charles Baudelaire de Les Fleurs du mal
Ajouté par Simona Enache
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Le Silence
Le silence est l’âme des choses
Qui veulent garder leur secret.
Il s’en va quand le jour paraît,
Et revient dans les couchants roses.
Il guérit des longues névroses,
De la rancune et du regret.
Le silence est l’âme des choses
Qui veulent garder leur secret.
À tous les parterres de roses
Il préfère un coin de forêt
Où la lune au rayon discret
Frémit dans les arbres moroses :
Le silence est l’âme des choses.
poésie de Maurice Rollinat
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Un grand sommeil noir...
Un grand sommeil noir
Tombe sur ma vie:
Dormez, tout espoir,
Dormez, toute envie!
Je ne vois plus rien,
Je perds la mémoire
Du mal et du bien...
Ô la triste histoire!
Je suis un berceau
Qu'une main balance
Au creux d'un caveau:
Silence, silence!
poésie de Paul Verlaine de Sagesse (1880)
Ajouté par Dan Costinaş
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Seuls les caméléons ne participent pas à leur défaite!
aphorisme de Octav Bibere (2011)
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Seuls les caméléons ne participent pas à leur défaite!
aphorisme de Octav Bibere
Ajouté par Octav Bibere
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Ce n'est pas le vent qui décide de votre destination, c'est l'orientation que vous donnez à votre voile. Le vent est pareil pour tous.
citation de Jim Rohn
Ajouté par Micheleflowerbomb
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La Bibliothèque
Elle faisait songer aux très vieilles forêts.
Treize lampes de fer, oblongues et spectrales,
Y versaient jour et nuit leurs clartés sépulcrales
Sur ses livres fanés pleins d’ombre et de secrets.
Je frissonnais toujours lorsque j’y pénétrais :
Je m’y sentais, parmi des brumes et des râles,
Attiré par les bras des treize fauteuils pâles
Et scruté par les yeux des treize grands portraits.
Un soir, minuit tombant, par sa haute fenêtre
Je regardais au loin flotter et disparaître
Le farfadet qui danse au bord des casse-cous,
Quand ma raison trembla brusquement interdite :
La pendule venait de sonner treize coups
Dans le silence affreux de la chambre maudite.
poésie de Maurice Rollinat
Ajouté par Poetry Lover
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Il existe des bętises si complexes que seuls les sages peuvent les commettre.
aphorisme de Valeriu Butulescu, traduction par Genevieve Gomez
Ajouté par Simona Enache
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L'Officiant
Or donc, c’était pendant la messe de minuit :
Tout flamboyait, l’autel, la nef et la tribune,
Celle-ci, par tous les soulards de la commune,
Devenue un enfer de désordre et de bruit.
Soudain, se retournant, d’un geste exaspéré
Soulevant à demi sa chasuble de fête,
Montant ses regards durs sur cette foule bête,
Tonitruesquement rugit le grand curé :
« Vous me connaissez bien, là-bas, les bons apôtres ?
Vous savez que je peux en prendre un parmi vous,
M’en servir de marteau pour cogner sur les autres !
Voulez-vous que j’y aille ! Assez de turbulence !
Hein !... hein !... Vous vous taisez, aussi lâches que fous ! »
— Et la messe reprit dans un profond silence.
poésie de Maurice Rollinat
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Le vent d'été
Le vent d'été baise et caresse
La nature tout doucement :
On dirait un souffle d'amant
Qui craint d'éveiller sa maîtresse.
Bohémien de la paresse,
Lazzarone du frôlement,
Le vent d'été baise et caresse
La nature tout doucement.
Oh ! quelle extase enchanteresse
De savourer l'isolement,
Au fond d'un pré vert et dormant
Qu'avec une si molle ivresse
Le vent d'été baise et caresse !
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Le Vent d'été
Le vent d’été baise et caresse
La nature tout doucement :
On dirait un souffle d’amant
Qui craint d’éveiller sa maîtresse.
Bohémien de la paresse,
Lazzarone du frôlement,
Le vent d’été baise et caresse
La nature tout doucement.
Oh ! quelle extase enchanteresse
De savourer l’isolement,
Au fond d’un pré vert et dormant
Qu’avec une si molle ivresse
Le vent d’été baise et caresse !
poésie de Maurice Rollinat
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Tempête obscure
L’orage, après de longs repos,
Ce soir-là, par ses deux suppôts,
La nuée et le vent qui claque,
Se présageait pour l'onde opaque.
Grondante sous le ciel muet,
Par quintes, la mer se ruait ;
Puis, elle se tut, la perfide,
Reprit son niveau brun livide.
Malheur aux coquilles de noix
Alors sur l’élément sournois
D’un plat, d’un silence de planche,
Risquant leur petite aile blanche !
Car, on le sent à l’angoissé,
Au guettant de l’air oppressé,
La paix du gouffre qui se fige
Couve la trame du vertige ;
Si calme en dessus, ses dessous
Cherchent, ramassent leurs courroux,
En effet, soudain l’eau tranquille
Bomba sa face d’encre et d’huile,
Perdit son taciturne intact,
Prit un clapotement compact.
Et voilà qu’à rumeurs funèbres
La tempête emplit les ténèbres.
Mais, pas un éclair zigzaguant :
Rien que l’obscur de l’ouragan !
Ballottée en ce ciel de bistre
La lune folle, errant sinistre,
Comme une morte promenant
Sa lanterne de revenant,
À hideuses lueurs moroses
Éclairait ce drame des choses.
Souffle monstre, outrant sa fureur,
Le vent démesurait l'horreur
Des montagnes d’eau dont les cimes
Pivotaient, croulant en abîmes
Qui, l’un par l’autre chevauchés,
Distordus, engloutis, crachés,
Redressaient leurs masses béantes
En Himalayas tournoyantes,
Spectrales des froids rayons verts
Se multipliant au travers.
Et, toujours, la houle élastique
Réopérait plus frénétique
La métamorphose des flots
Dans des tonnerres de sanglots.
Vint alors tant d’obscurité
Que ce fracas précipité
N’était plus que la plainte immense,
La clameur du vide en démence.
Puis, l’astre blêmissant, terni,
Sombra dans le noir infini
Où son vert-de-gris jaune-soufre
Se convulsait avec le gouffre.
Les vagues par leurs bonds si hauts
Brassaient le ciel dans le chaos ;
Tout tourbillonnait : l’eau, la brume,
La voûte, les airs et l’écume,
Tout : fond, sommet, milieu, côtés
Dans le pêle-mêle emportés !
Tellement que la mer, les nues,
Étaient par degrés devenues
Un même et confus océan
Roulant tout seul dans le Néant.
Et, pour l’œil comme pour l’oreille,
Existait l’affreuse merveille,
L’âme vivait l’illusion
De cette énorme vision,
Tout l'être croyait au mensonge
Du terrible tableau mouvant
Qu’avec l’eau, la lune, et le vent,
La Nuit composait pour le Songe.
poésie de Maurice Rollinat
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