Si je monte au Palais, je n'y trouve qu'orgueil
Si je monte au Palais, je n'y trouve qu'orgueil,
Que vice déguisé, qu'une cérémonie,
Qu'un bruit de tambourins, qu'une étrange harmonile,
Et de rouges habits un superbe appareil :
Si je descends en banque, un amas et recueil
De nouvelles je trouve, une usure infinie,
De riches Florentins une troupe bannie,
Et de pauvres Siennois un lamentable deuil :
Si je vais plus avant, quelque part où j'arrive,
Je trouve de Vénus la grand bande lascive
Dressant de tous côtés mille appas amoureux :
Si je passe plus outre, et de la Rome neuve
Entre en la vieille Rome, adonques je ne treuve
Que de vieux monuments un grand monceau pierreux.
poésie de Joachim du Bellay
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Des citations similaires
Ronsard, j'ai vu l'orgueil des colosses antiques
Ronsard, j'ai vu l'orgueil des colosses antiques,
Les théâtres en rond ouverts de tous côtés,
Les colonnes, les arcs, les hauts temples voûtés,
Et les sommets pointus des carrés obélisques.
J'ai vu des empereurs les grands thermes publiques,
J'ai vu leurs monuments que le temps a domptés,
J'ai vu leurs beaux palais que l'herbe a surmontés,
Et des vieux murs romains les poudreuses reliques.
Bref, j'ai vu tout cela que Rome a de nouveau,
De rare, d'excellent, de superbe et de beau :
Mais je n'y ai point vu encore si grand chose
Que cette Marguerite, où semble que les cieux,
Pour effacer l'honneur de tous les siècles vieux,
De leurs plus beaux présents ont l'excellence enclose.
poésie de Joachim du Bellay
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Les Antiquités de Rome
Nouveau venu, qui cherches Rome en Rome
Et rien de Rome en Rome n’aperçois,
Ces vieux palais, ces vieux arcs que tu vois
Et ces vieux murs, c’est ce que Rome on nomme.
Vois quel orgueil, quelle ruine et comme
Celle qui mit le monde sous ses lois
Pour dompter tout, se dompta quelquefois
Et devint proie au temps, qui tout consomme.
Rome de Rome est le seul monument,
Et Rome Rome a vaincu seulement.
Le Tibre seul, qui vers la mer s’enfuit,
Reste de Rome. O mondaine inconstance !
Ce qui est ferme est par le temps détruit
Et ce qui fuit, au temps fait résistance.
poésie de Joachim du Bellay
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Ici de mille fards la traïson se déguise
Ici de mille fards la traïson se déguise,
Ici mille forfaits pullulent à foison,
Ici ne se punit l'homicide ou poison,
Et la richesse ici par usure est acquise
Ici les grands maisons viennent de bâtardise,
Ici ne se croit rien sans humaine raison,
Ici la volupté est toujours de saison,
Et d'autant plus y plaît que moins elle est permise.
Pense le demeurant. Si est-ce toutefois
Qu'on garde encore ici quelque forme de lois,
Et n'en est point du tout la justice bannie.
Ici le grand seigneur n'achète l'action,
Et pour priver autrui de sa possession
N'arme son mauvais droit de force et tyrannie.
poésie de Joachim du Bellay de Les Regrets (1558)
Ajouté par Dan Costinaş
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Qui voudra voir tout ce qu'ont pu nature
Qui voudra voir tout ce qu'ont pu nature,
L'art et le ciel, Rome, te vienne voir :
J'entends s'il peut ta grandeur concevoir
Par ce qui n'est que ta morte peinture.
Rome n'est plus : et si l'architecture
Quelque ombre encor de Rome fait revoir,
C'est comme un corps par magique savoir
Tiré de nuit hors de sa sépulture.
Le corps de Rome en cendre est dévalé,
Et son esprit rejoindre s'est allé
Au grand esprit de cette masse ronde.
Mais ses écrits, qui son los le plus beau
Malgré le temps arrachent du tombeau,
Font son idole errer parmi le monde.
poésie de Joachim du Bellay
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Je hais du Florentin l'usurière avarice
Je hais du Florentin l'usurière avarice,
Je hais du fol Siennois le sens mal arrêté,
Je hais du Genevois la rare vérité,
Et du Vénitien la trop caute malice :
Je hais le Ferrarais pour je ne sais quel vice,
Je hais tous les Lombards pour l'infidélité,
Le fier Napolitain pour sa grand' vanité,
Et le poltron romain pour son peu d'exercice :
Je hais l'Anglais mutin et le brave Écossais,
Le traître Bourguignon et l'indiscret Français,
Le superbe Espagnol et l'ivrogne Tudesque :
Bref, je hais quelque vice en chaque nation,
Je hais moi-même encor mon imperfection,
Mais je hais par sur tout un savoir pédantesque.
poésie de Joachim du Bellay
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Toi qui de Rome émerveillé contemples
Toi qui de Rome émerveillé contemples
L'antique orgueil, qui menaçait les cieux,
Ces vieux palais, ces monts audacieux,
Ces murs, ces arcs, ces thermes et ces temples,
Juge, en voyant ces ruines si amples,
Ce qu'a rongé le temps injurieux,
Puisqu'aux ouvriers les plus industrieux
Ces vieux fragments encor servent d'exemples.
Regarde après, comme de jour en jour
Rome, fouillant son antique séjour,
Se rebâtit de tant d'oeuvres divines :
Tu jugeras que le démon romain
S'efforce encor d'une fatale main
Ressusciter ces poudreuses ruines.
poésie de Joachim du Bellay
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Ce qui se trouve devant nous et ce qui se trouve derrière nous importent peu comparés à ce qui se trouve en nous.
citation de Ralph Waldo Emerson
Ajouté par Micheleflowerbomb
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Évocations
Je vis un gros corbeau, déployant son orgueil,
Qui jouait de la griffe et claquetait des ailes
À terre, avec un bruit de lugubres crécelles.
Et je me dis : « C’est le grand deuil !
Un peu plus loin, je vis, m’épiant d’un coup d’œil,
Une pie occupée à s’aiguiser le bec,
Puis, allant et venant, d’un sautillement sec.
Je me dis : « C’est le demi-deuil ! »
Enfin, d’une couleur plus pâle que les cierges,
Surgit, me sembla-t-il, le prince des hiboux.
Et je dis : « Ce deuil-là , le plus triste de tous,
C’est le deuil pur et blanc des Vierges ! »
Ces trois rencontres successives,
M’arrivant par un soir d’hiver,
Laissaient en cet endroit désert
Ma vue et mon âme pensives,
Lorsqu’à petits vols grelottants,
M’apparut un pinson cherchant sa nourriture :
Et, joyeux, je songeai que, bientôt, le printemps
Ressusciterait la nature.
poésie de Maurice Rollinat
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Que n'ai-je encor la harpe thracienne
Que n'ai-je encor la harpe thracienne,
Pour réveiller de l'enfer paresseux
Ces vieux Césars, et les ombres de ceux
Qui ont bâti cette ville ancienne ?
Ou que je n'ai celle amphionienne,
Pour animer d'un accord plus heureux
De ces vieux murs les ossements pierreux,
Et restaurer la gloire ausonienne ?
Pussé-je au moins d'un pinceau plus agile
Sur le patron de quelque grand Virgile
De ces palais les portraits façonner :
J'entreprendrais, vu l'ardeur qui m'allume,
De rebâtir au compas de la plume
Ce que les mains ne peuvent maçonner.
poésie de Joachim du Bellay
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Armado: Sur ce, je t’avouerai que je suis amoureux: et, comme un soldat s’abaisse à aimer, je suis amoureux d’une fille de bas étage. Si je pouvais tirer l’épée contre l’humeur de mon affection pour me délivrer de ce sentiment réprouvé, je ferais ma passion prisonnière, et je l’échangerais avec quelque courtisan français pour une révérence de nouvelle mode. Je trouve humitiant de soupirer; il me semble que je devrais abjurer Cupido. Console-moi, page: quels sont les grands hommes qui ont été amoureux?
réplique de Peines d’amour perdues, Acte I, Scène 2 de William Shakespeare (1598), traduction par François-Victor Hugo
Ajouté par Dan Costinaş
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On trouve des mots quand on monte à l’assaut!
Edmond Rostand dans Cyrano de Bergerac
Ajouté par Simona Enache
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Je ne te conterai de Bologne et Venise
Je ne te conterai de Bologne et Venise,
De Padoue et Ferrare et de Milan encor,
De Naples, de Florence, et lesquelles sont or
Meilleures pour la guerre ou pour la marchandise.
Je te raconterai du siège de l'Église,
Qui fait d'oisiveté son plus riche trésor,
Et qui dessous l'orgueil de trois couronnes d'or
Couve l'ambition, la haine et la feintise :
Je te dirai qu'ici le bonheur et malheur,
Le vice, la vertu, le plaisir, la douleur,
La science honorable et l'ignorance abonde.
Bref, je dirai qu'ici, comme en ce vieux chaos,
Se trouve, Peletier, confusément enclos
Tout ce qu'on voit de bien et de mal en ce monde.
poésie de Joachim du Bellay
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Qui voudrait figurer la romaine grandeur
Qui voudrait figurer la romaine grandeur
En ses dimensions, il ne lui faudrait querre
A la ligne et au plomb, au compas, à l'équerre,
Sa longueur et largeur, hautesse et profondeur :
Il lui faudrait cerner d'une égale rondeur
Tout ce que l'océan de ses longs bras enserre,
Soit où l'astre annuel échauffe plus la terre,
Soit où souffle Aquilon sa plus grande froideur.
Rome fut tout le monde, et tout le monde est Rome.
Et si par mêmes noms mêmes choses on nomme,
Comme du nom de Rome on se pourrait passer,
La nommant par le nom de la terre et de l'onde :
Ainsi le monde on peut sur Rome compasser,
Puisque le plan de Rome est la carte du monde.
poésie de Joachim du Bellay
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Si pour avoir passé sans crime sa jeunesse
Si pour avoir passé sans crime sa jeunesse,
Si pour n'avoir d'usure enrichi sa maison,
Si pour n'avoir commis homicide ou trahison,
Si pour n'avoir usé de mauvaise finesse,
Si pour n'avoir jamais violé sa promesse,
On se doit réjouir en l'arrière-saison,
Je dois à l'avenir, si j'ai quelque raison,
D'un grand contentement consoler ma vieillesse.
Je me console donc en mon adversité,
Ne requérant aux dieux plus grand félicité
Que de pouvoir durer en cette patience.
O dieux, si vous avez quelque souci de nous,
Octroyez-moi ce don, que j'espère de vous,
Et pour votre pitié et pour mon innocence.
poésie de Joachim du Bellay
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L’individu qui ne s’intéresse pas à ses semblables est celui qui rencontre le plus de difficultés dans l’existence et qui est le plus nuisible à la société. C’est parmi de tels êtres qu’on trouve le plus grand nombre de ratés.
Alfred Adler dans Le Sens de la Vie
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Brusquet à son retour vous racontera, Sire
Brusquet à son retour vous racontera, Sire,
De ces rouges prélats la pompeuse apparence,
Leurs mules, leurs habits, leur longue révérence,
Qui se peut beaucoup mieux représenter que dire.
Il vous racontera, s'il les sait bien décrire,
Les moeurs de cette cour, et quelle différence
Se voit de ces grandeurs à la grandeur de France,
Et mille autres bons points, qui sont dignes de rire.
Il vous peindra la forme et l'habit du Saint Père,
Qui comme Jupiter tout le monde tempère,
Avecques un clin d'oeil : sa faconde et sa grâce,
L'honnêteté des siens, leur grandeur et largesse,
Les présents qu'on lui fit, et de quelle caresse
Tout ce que se dit vôtre à Rome l'on embrasse.
poésie de Joachim du Bellay
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Il est des degrés entre les pauvres comme entre les riches.
citation de Chateaubriand
Ajouté par Simona Enache
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La maladie est l'effort que fait la nature pour guérir l'homme.Elle renferme l'or véritable qu'il n'a trouvé nulle part ailleurs.
citation de Carl Gustav Jung
Ajouté par Micheleflowerbomb
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Sire, celui qui est a formé toute essence
Sire, celui qui est a formé toute essence
De ce qui n'était rien. C'est l'oeuvre du Seigneur :
Aussi tout honneur doit fléchir à son honneur,
Et tout autre pouvoir céder à sa puissance.
On voit beaucoup de rois, qui sont grands d'apparence :
Mais nul, tant soit-il grand, n'aura jamais tant d'heur
De pouvoir à la vôtre égaler sa grandeur :
Car rien n'est après Dieu si grand qu'un roi de France.
Puis donc que Dieu peut tout, et ne se trouve lieu
Lequel ne soit enclos sous le pouvoir de Dieu,
Vous, de qui la grandeur de Dieu seul est enclose,
Elargissez encor sur moi votre pouvoir,
Sur moi, qui ne suis rien : afin de faire voir
Que de rien un grand roi peut faire quelque chose.
poésie de Joachim du Bellay
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Je fus jadis Hercule, or Pasquin je me nomme,
Je fus jadis Hercule, or Pasquin je me nomme,
Pasquin fable du peuple, et qui fais toutefois
Le même office encor que j'ai fait autrefois,
Vu qu'ores par mes vers tant de monstres j'assomme.
Aussi mon vrai métier, c'est de n'épargner homme,
Mais les vices chanter d'une publique voix :
Et si ne puis encor, quelque fort que je sois,
Surmonter la fureur de cet Hydre de Rome.
J'ai porté sur mon col le grand palais des dieux,
Pour soulager Atlas, qui sous le faix des cieux
Courbait las et recru sa grande échine large.
Ores au lieu du ciel, je porte sur mon dos,
Un gros moine espagnol, qui me froisse les os,
Et me pèse trop plus que ma première charge.
poésie de Joachim du Bellay
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