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Beau comme la rétractilité des serres des oiseaux rapaces; ou encore, comme l'incertitude des mouvements musculaires dans les plaies des parties molles de la région cervicale postérieure; ou plutôt, comme ce piège à rats perpétuel, toujours retendu par l'animal pris, qui peut prendre seul des rongeurs indéfiniment, et fonctionner même caché sous la paille; et surtout, comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie!

Contele de Lautreamont dans Les Chants de Maldoror (1869)Signalez un problèmeDes citations similaires
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Le Soleil sur les pierres

Sur les rocs, comme au ciel, le monarque du feu
Se donne, ici, libre carrière.
L’œil cuit, caché sous la paupière,
Aux fulgurants reflets du grisâtre et du bleu.

Fourmillements d’éclairs de miroirs, de rapières
Et de diamants... il en pleut !
L’astre brûle : sa roue épand sa chaleur fière,
Autant du tour que du moyeu.

Ni nuage, ni vent, ni brume, ni poussière !
Il s’étale, entre comme il veut,
Doublé, répercuté partout, et rien ne peut
Faire un écran à sa lumière.

Pas l’ombre d’un lézard ou d’un serpent, si peu
Que ce soit ! d’aucune manière !
Pas une libellule au repos comme au jeu !
Rien, pas même une fourmilière !

Pas un spectre d’ajonc, pas un fil de bruyère !
Le nu des braises, c’est ce lieu
Où la Mort à foison réalise son vœu
De solitude bien entière.

Là, sans même un torrent qui gronde à son milieu,
Triomphe inertement l’éternelle matière.
Désert, vide, silence et splendeur : l’astre-dieu
Mire son infini dans l’enfer de la pierre.

poésie de Maurice RollinatSignalez un problèmeDes citations similaires
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Charles Baudelaire

Le Vampire

Toi qui, comme un coup de couteau,
Dans mon coeur plaintif es entrée;
Toi qui, forte comme un troupeau
De démons, vins, folle et parée,

De mon esprit humilié
Faire ton lit et ton domaine;
— Infâme à qui je suis lié
Comme le forçat à la chaîne,

Comme au jeu le joueur têtu,
Comme à la bouteille l'ivrogne,
Comme aux vermines la charogne
— Maudite, maudite sois-tu!

J'ai prié le glaive rapide
De conquérir ma liberté,
Et j'ai dit au poison perfide
De secourir ma lâcheté.

Hélas! le poison et le glaive
M'ont pris en dédain et m'ont dit:
"Tu n'es pas digne qu'on t'enlève
À ton esclavage maudit,

Imbécile! — de son empire
Si nos efforts te délivraient,
Tes baisers ressusciteraient
Le cadavre de ton vampire!"

poésie de Charles Baudelaire de Les Fleurs du malSignalez un problèmeDes citations similaires
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Emmanuel Kant

Agis de façon telle que tu traites l'humanité, aussi bien dans ta personne que dans tout autre, toujours en même temps comme fin, et jamais simplement comme moyen.

Emmanuel Kant dans Métaphysique de mœurs (1785), traduction par Alain RenautSignalez un problèmeDes citations similaires
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Le soleil sur les pierres

Sur les rocs, comme au ciel, le monarque du feu
Se donne, ici, libre carrière.
L'oeil cuit, caché sous la paupière,
Aux fulgurants reflets du grisâtre et du bleu.

Fourmillements d'éclairs de miroirs, de rapières
Et de diamants... il en pleut !
L'astre brûle : sa roue épand sa chaleur fière,
Autant du tour que du moyeu.

Ni nuage, ni vent, ni brume, ni poussière !
Il s'étale, entre comme il veut,
Doublé, répercuté partout, et rien ne peut
Faire un écran à sa lumière.

poésie de Maurice RollinatSignalez un problèmeDes citations similaires
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Les Petits Souliers

Tes petits souliers noirs grillés comme une cage
Emprisonnent tes pieds plus vifs que des oiseaux,
Laissant voir à travers leurs délicats réseaux
Tes bas coloriés fleuris comme un langage.

Ils ont le glissement du vent dans le bocage,
La grâce tournoyeuse et grêle des fuseaux,
L’air mutin de l’abeille aux pointes des roseaux
Ou de la sauterelle au milieu d’un pacage.

En vain, ils sont partout mes suiveurs familiers,
Par l’aspect et le bruit de tes petits souliers
J’ai toujours les yeux pris et l’oreille conquise ;

Et quand les mauvais jours me séparent de toi,
Ton souvenir les fait sonner derrière moi
Et brode sur mon cœur leur silhouette exquise.

poésie de Maurice RollinatSignalez un problèmeDes citations similaires
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Jacques Prevert

Cet amour

Cet amour
Si violent
Si fragile
Si tendre
Si désespéré
Cet amour
Beau comme le jour
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir
Et si sûr de lui
Comme un homme tranquille au millieu de la nuit
Cet amour qu faisait peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blêmir
Cet amour guetté
Parce que nous le guettions
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Parce que nous l’avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Cet amour tout entier
Si vivant encore
Et tout ensoleillé
C’est le tien
C’est le mien
Celui qui a été
Cette chose toujours nouvelle
Et qui n’a pas changé
Aussi vrai qu’une plante
Aussi tremblante qu’un oiseau
Aussi chaude aussi vivant que l’été
Nous pouvons tous les deux
Aller et revenir
Nous pouvons oublier
Et puis nous rendormir
Nous réveiller souffrir vieillir
Nous endormir encore
Rêver à la mort,
Nous éveiller sourire et rire
Et rajeunir
Notre amour reste là
Têtu comme une bourrique
Vivant comme le désir
Cruel comme la mémoire
Bête comme les regrets
Tendre comme le souvenir
Froid comme le marble
Beau comme le jour
Fragile comme un enfant
Il nous regarde en souriant
Et il nous parle sans rien dire
Et moi je l’écoute en tremblant
Et je crie
Je crie pour toi
Je crie pour moi
Je te supplie
Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s’aiment
Et qui se sont aimés
Oui je lui crie
Pour toi pour moi et pour tous les autres
Que je ne connais pas
Reste là
Lá où tu es
Lá où tu étais autrefois
Reste là
Ne bouge pas
Ne t’en va pas
Nous qui sommes aimés
Nous t’avons oublié
Toi ne nous oublie pas
Nous n’avions que toi sur la terre
Ne nous laisse pas devenir froids
Beaucoup plus loin toujours
Et n’importe où
Donne-nous signe de vie
Beaucoup plus tard au coin d’un bois
Dans la forêt de la mémoire
Surgis soudain
Tends-nous la main
Et sauve-nous.

poésie de Jacques PrevertSignalez un problèmeDes citations similaires
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Le Petit Pierrot

Entre les fils du télégraphe
Un pierrot siffle son refrain.
Le soir tombe : le ciel serein
Est vitreux comme une carafe.

Nul éclair ne met son paraphe
Au fond de l’horizon chagrin.
Entre les fils du télégraphe
Un pierrot siffle son refrain.

Comme il sautille ! Comme il piaffe !
Mais comme il file avec entrain,
Dès que la machine du train
Montre son grand cou de girafe
Entre les fils du télégraphe !

poésie de Maurice RollinatSignalez un problèmeDes citations similaires
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La Cornemuse

Sa cornemuse dans les bois
Geignait comme le vent qui brame
Et jamais le cerf aux abois,
Jamais le saule ni la rame,
N’ont pleuré comme cette voix.

Ces sons de flûte et de hautbois
Semblaient râlés par une femme.
Oh ! près du carrefour des croix,
Sa cornemuse !

Il est mort. Mais, sous les cieux froids,
Aussitôt que la nuit se trame,
Toujours, tout au fond de mon âme,
Là, dans le coin des vieux effrois,
J’entends gémir, comme autrefois,
Sa cornemuse.

poésie de Maurice RollinatSignalez un problèmeDes citations similaires
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Parapente

Chaque matin, on se jette dans le vide.
Cours vers l’abîme, comme un civilisé.
Comme un aphoriste au lectorat défunt.
La terre tourne, encore plus folle.
Ce monde m’échappe, décidément.
Évohé, Icare, tu réussis enfin !
Dans cette plongée, ivre des profondeurs de l’air.
Comment ne pas devenir léger ?

*

Aujourd’hui, tu te jettes dans le ciel.
Porté par les vibrations ascendantes d’une vie.
Évite de regarder de haut cet aigle.
— Restons camarades, frère choucas.
L’air bruisse et ne se froisse jamais.
On tire une drisse, et le soleil vire.
L’autre, une cîme se penche.
La neige est tombée, là-bas sous la lumière.

*

La forêt, cette mousse émeraude ?
Je suis enfin redevenu un nain allègre.
À l’école des oiseaux, comme jadis.
Pourquoi ces maisons reprendraient-elles leur taille ?
Le ciel, les monts, la mer ont semblé des jouets.
Écoute la finesse de l’air, sur les rémiges.
Fin stratège, comme un freux.
La cascade vole au ciel.

*

L’herbe accueille.
— Comme elle seule sait le faire.
Au milieu de ses fleurs altières, anonymes, inoubliables.
Tout ce ciel rouge ou vert à remballer, avec soin, dans un sac.
Le monde, suspendu à un anneau de dural,
violine ou vert pomme.

*

Un recueil d’aphorismes n’est pas un univers, mais la boîte de
couleurs qui les contient tous.

Le narrateur a-t-il déjà touché terre ?

« Je suis devenu ce point, là-bas, sous la voilure
soyeuse de l’interrogation. »

天神 — Encore un dernier vœu au dieu du ciel et de la
littérature.

poésie de François VaucluseSignalez un problèmeDes citations similaires
Ajouté par Veronica Șerbănoiu
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Dessous ce grand François, dont le bel astre luit

Dessous ce grand François, dont le bel astre luit
Au plus beau lieu du ciel, la France fut enceinte
Des lettres et des arts, et d'une troupe sainte
Que depuis sous Henri féconde elle a produit :

Mais elle n'eut plutôt fait montre d'un tel fruit,
Et plutôt ce beau part n'eut la lumière atteinte,
Que je ne sais comment sa clarté fut éteinte,
Et vit en même temps et son jour et sa nuit.

Hélicon est tari, Parnasse est une plaine,
Les lauriers sont séchés, et France, autrefois pleine
De l'esprit d'Apollon, ne l'est plus que de Mars.

Phoebus s'enfuit de nous, et l'antique ignorance
Sous la faveur de Mars retourne encore en France,
Si Pallas ne défend les lettres et les arts.

poésie de Joachim du BellaySignalez un problèmeDes citations similaires
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Lorsque la pluie rencontre le parapluie, elle n'a d'autre choix que de rebondir ailleurs que sur nous. De même, lorsque le négatif rencontre notre attitude positive, il n'a d'autre choix que de faire demi-tour!

citation de Michel DechamplainSignalez un problèmeDes citations similaires
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Le Pêcheur à la ligne

Mon liège fait plus d’un plongeon
Dans l’onde au lit de sable fin.
Ça mord à tout coup ; mais enfin
Je n’ai pas pris un seul goujon.

Et je tiens ma perche de jonc,
Patient comme un séraphin.
Mon liège fait plus d’un plongeon
Dans l’onde au lit de sable fin ;

Derrière moi, le vieux donjon ;
Devant, un horizon sans fin.
Un brochet dort comme un dauphin
A fleur d’eau, près d’un sauvageon.
Mon liège fait plus d’un plongeon.

poésie de Maurice RollinatSignalez un problèmeDes citations similaires
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Adonis

Adonis j'ai rêvé d'Adonis
Et lorsque j'avais seize ans j'imaginais souvent
Quel délice vivre au temps d'Adonis
Et pouvoir un seul instant le voir et le connaître
Cet amour de toujours un beau jour
S'est vite envolé quand je t'ai rencontré
Adonis tu n'es pas Adonis
Mais tu l'as bien remplacé car tu as su me plaire

La, la, la, la, la, la, la, la, la
Candide, solide, splendide
Tu es comme cela tout cela à la fois
Sans malice tu es mieux qu'Adonis
Tout au moins moi je le crois
Puisque c'est toi que j'aime
Adonis, Adonis...

chanson interprété par Dalida, la musique de F. Bonifay, G. Goehring, E. Warren, vers de F. Bonifay, G. Goehring, E. Warren (1959)Signalez un problèmeDes citations similaires
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Terre de cultivateurs

Laissé au bord du Richelieu en brise d'azur,
Printemps, du tout début, souffle penseé,
Qui frotte les rives par petites vagues casssées
A l'infinit, se ravissant du nouveau temps qui nait nature.

Je cours au long de la rivière pour les quelques appels
De ce matin; pour Paul Loiselle et pour Normand Chaput...
Sur places que je connais, autant de lines comme ciel,
Où cachent petites assises; Calixa Lavallée, Ville de Varenne... partout.

La terre géante renait du blanc, s'accouple au bleu,
Avec le vert, comme un tapis,
Qui chauffe parbrise et donne de larmes qui courrent le yeux,
Tennants d'une disque de phare... coullisses autant jelées.

Comme une mélange d'argent, mercure, des silos brillent
Dans un soleil qui veut partout, pour soi, plein de miroirs...
Mêmes dans l'asphalte, qui me promene comme une anguille,
Collant, pour que le rêve s'arrête et recommence devoir.

A l'orizont, la grange d'un brun intense, casse la vue
Pour un reveil que la vie tourne d'un fade reel
Et, je me laisse, comme un robot, pensée perdue...
Dans un salut, faible réponse, encore une fois perpetuel...

poésie de Daniel Aurelian Rădulescu (20 mars 2014)Signalez un problèmeDes citations similaires
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Je suis malade

Je ne rêve plus je ne fume plus
Je n'ai même plus d'histoire
Je suis sale sans toi
Je suis laide sans toi
Je suis comme un orphelin dans un dortoir

Je n'ai plus envie de vivre dans ma vie
Ma vie cesse quand tu pars
Je n'aie plus de vie et même mon lit
Ce transforme en quai de gare
Quand tu t'en vas

Je suis malade
Complètement malade
Comme quand ma mère sortait le soir
Et qu'elle me laissait seul avec mon désespoir

Je suis malade parfaitement malade
T'arrive on ne sait jamais quand
Tu repars on ne sait jamais où
Et ça va faire bientôt deux ans
Que tu t'en fous

Comme à un rocher
Comme à un péché
Je suis accroché à toi
Je suis fatigué je suis épuisé
De faire semblant d'être heureuse quand ils sont là

Je bois toutes les nuits
Mais tous les whiskies
Pour moi on le même goût
Et tous les bateaux portent ton drapeau
Je ne sais plus où aller tu es partout

Je suis malade
Complètement malade
Je verse mon sang dans ton corps
Et je suis comme un oiseau mort quand toi tu dors

Je suis malade
Parfaitement malade
Tu m'as privé de tous mes chants
Tu m'as vidé de tous mes mots
Pourtant moi j'avais du talent avant ta peau

Cet amour me tue
Si ça continue je crèverai seul avec moi
Près de ma radio comme un gosse idiot
Écoutant ma propre voix qui chantera

Je suis malade
Complètement malade
Comme quand ma mère sortait le soir
Et qu'elle me laissait seul avec mon désespoir

Je suis malade
C'est ça je suis malade
Tu m'as privé de tous mes chants
Tu m'as vidé de tous mes mots
Et j'ai le coeur complètement malade
Cerné de barricades
T'entends je suis malade.

chanson interprété par DalidaSignalez un problèmeDes citations similaires
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Un bohème

Toujours la longue faim me suit comme un recors ;
La ruelle sinistre est mon seul habitacle ;
Et depuis si longtemps que je traîne mes cors,
J'accroche le malheur et je bute à l'obstacle.

Paris m'étale en vain sa houle et ses décors :
Je vais sourd à tout bruit, aveugle à tout spectacle ;
Et mon âme croupit au fond de mon vieux corps
Dont la pâle vermine a fait son réceptacle.

Fantôme grelottant sous mes haillons pourris,
Epave de l'épave et débris du débris,
J'épouvante les chiens par mon aspect funeste !

Je suis hideux, moulu, racorni, déjeté !
Mais je ricane encore en songeant qu'il me reste
Mon orgueil infini comme l'éternité.

poésie de Maurice RollinatSignalez un problèmeDes citations similaires
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Le Bohême

Toujours la longue faim me suit comme un recors ;
La ruelle sinistre est mon seul habitacle ;
Et depuis si longtemps que je traîne mes cors,
J’accroche le malheur et je bute à l’obstacle.

Paris m’étale en vain sa houle et ses décors :
Je vais sourd à tout bruit, aveugle à tout spectacle ;
Et mon âme croupit au fond de mon vieux corps
Dont la pâle vermine a fait son réceptacle.

Fantôme grelottant sous mes haillons pourris,
Épave de l’épave et débris du débris,
J’épouvante les chiens par mon aspect funeste !

Je suis hideux, moulu, racorni, déjeté !
Mais je ricane encore en songeant qu’il me reste
Mon orgueil infini comme l’éternité.

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Les Deux Mendiants

Reprenant leur chemin,
Tête basse, une main
Au sac bossu qu’ils portent,
Dans la cour, comme ils sortent,

Le petit pauvre épais
Lorgne d’un œil mauvais
Le petit monsieur mince
Dont la bouche se pince.

Le vieux s’en aperçoit.
« T’es jaloux ? Ya pas d’quoi !
Fait-il, d’une voix douce :
Entends-l’donc comme i’ tousse.

I’ cache un sang d’navets
Sous tous ses beaux effets,
Tandis q’toi, sans q’tu triches,

Tu fais rir’ vermillons
Tous les trous d’tes haillons,
Ça t’veng’ ben d’êt’ pas riche !

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À l'Insensible

Es-tu femme ou statue ? Hélas ! j’ai beau m’user
Par les raffinements inouïs que j’invente
Pour forcer ta chair morte à devenir vivante ;
J’ai beau me convulser sur ta gorge énervante,
Tu n’as jamais senti la luxure savante
De mon baiser.

Ainsi donc, comme un plomb sur la peau du jaguar,
Ma passion sur toi glisse, et mes pleurs eux-mêmes
Coulent sans t’émouvoir le long de tes mains blêmes ;
Et quand je te supplie à genoux que tu m’aimes,
Je reste épouvanté par les froideurs suprêmes
De ton regard !

Rampant comme un aspic, fidèle comme un chien,
Je laisse piétiner mon cœur sous ta babouche ;
Devant l’inconscient sarcasme de ta bouche,
Je fléchis mon honneur et ma fierté farouche ;
Je me calcine en vain dans l’enfer de ta couche,
Ô rage ! — Eh bien,

Puisque sur ton flanc nu l’amour me fait beugler,
Sans que jamais sur toi ma convoitise morde ;
Puisque toujours passive et sans miséricorde,
Tu veux qu’en tes bras morts et glacés je me torde,
Ce soir, de tes cheveux, je vais faire une corde
Pour t’étrangler !

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Oui, tout comme les oiseaux les âmes se parlent de l'une à l'autre et tout comme les âmes les oiseaux se parlent.

citation de Gunnar EkelöfSignalez un problèmeDes citations similaires
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