
Sisyphe ne mourra pas de fatigue, mais d'ennui.
aphorisme de Valeriu Butulescu, traduction par Genevieve Gomez
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Des citations similaires

Le travail de Sisyphe sans Sisyphe – c’est de l’automatisation!
aphorisme de Mikhaïl Kouzmine de Une maison chauffée par les utopies, traduction par Sophie Benech
Ajouté par Dan Costinaş
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Créer, c’est vivre deux fois.
Albert Camus dans Mythe de Sisyphe
Ajouté par Micheleflowerbomb
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L'éléphant n'est pas fatigué de porter sa trompe.
proverbs sanskrits
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La mort semble moins terrible quand on est fatigué.
citation de Simone de Beauvoir
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J'ai assis la laideur sur mes genoux et je m'en suis presque aussitôt fatigué.
Salvador Dali dans Journal d\'un génie
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Je ne me souviens pas d'avoir jamais été fatigué par le travail. En revanche l'oisiveté m'épuise complètement.
Arthur Conan Doyle dans Sherlock Holmes, Le Signe des quatre (1980)
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Un lit est un meuble où on se repose quand on est seul et où on se fatigue quand on est deux.
citation de André Prévost
Ajouté par George Budoi
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Ballade du cadavre
Dès qu’au clocher voisin l’âme a volé tout droit
Et dit au vieux bourdon : « Glas ! il faut que tu tintes !
Le cadavre plombé dont la chaleur décroît,
Nez réduit, bouche ouverte et prunelles éteintes,
Se roidit en prenant la plus blême des teintes.
Puis, l’Ange noir chuchote à ce morceau de chair :
« Qu’on te regrette ou non, cercueil cher ou pas cher,
« Avec où sans honneurs, tout nu comme en toilette,
« À six pieds dans le sol tu subiras, mon cher,
« La pourriture lente et l’ennui du squelette ! »
Après la mise en bière, on procède au convoi :
Or, si peu de pleurs vrais et tant de larmes feintes
Gonflent l’œil des suiveurs, que le Mort qui les voit,
Trouve encor sur son masque où les stupeurs sont peintes
La grimace du cri, du reproche et des plaintes.
L’orgue désespéré gronde comme la mer,
Le plain-chant caverneux traîne un sanglot amer
Et l’encensoir vacille avec sa cassolette ;
Mais tout cela, pour lui, chante sur le même air
La pourriture lente et l’ennui du squelette.
Durant l’affreux trajet, il songe avec effroi
Qu’on va le perdre au fond d’éternels labyrinthes ;
Sur ses mains, sur ses pieds, sur tout son corps si froid
La mort de plus en plus incruste ses empreintes,
Et le linceul collant resserre ses étreintes.
Il tombe dans la fosse, et bientôt recouvert
D’argile et de cailloux mêlés de gazon vert,
Le malheureux défunt, dans une nuit complète,
S’entend signifier par la bouche du ver
La pourriture lente et l’ennui du squelette.
ENVOI.
Oh ! qu’il te soit donné, Flamme, sœur de l’éclair,
À toi, Démon si pur qui fais claquer dans l’air
Ta langue aux sept couleurs, élastique et follette,
D’épargner au cadavre, avec ton baiser clair,
La pourriture lente et l’ennui du squelette.
poésie de Maurice Rollinat
Ajouté par Poetry Lover
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Le Sonneur
Cependant que la cloche éveille sa voix claire
A l’air pur et limpide et profond du matin
Et passe sur l’enfant qui jette pour lui plaire
Un angélus parmi la lavande et le thym,
Le sonneur effleuré par l’oiseau qu’il éclaire,
Chevauchant tristement en geignant du latin
Sur la pierre qui tend la corde séculaire,
N’entend descendre à lui qu’un tintement lointain.
Je suis cet homme. Hélas! de la nuit désireuse,
J’ai beau tirer le câble à sonner l’Idéal,
De froids péchés s’ébat un plumage féal,
Et la voix ne me vient que par bribes et creuse !
Mais, un jour, fatigué d’avoir en vain tiré,
O Satan, j’ôterai la pierre et me pendrai.
poésie de Stéphane Mallarmé (15 mars 1862)
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Rien n'est si insupportable à l'homme que l'ennui.
citation de Blaise Pascal
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Chemin de l'égalité. - Une heure d'ascension dans les montagnes fait d'un gredin et d'un saint deux créatures à peu près semblables. La fatigue est le chemin le plus court vers l'égalité et la fraternité - et durant le sommeil la liberté finit par s'y ajouter.
Friedrich Nietzsche dans Humain, trop humain
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Aujourd'hui, encore, je coucherai sur le papier mon ennui, pour que les lecteurs s'ennuient eux aussi.
aphorisme de Valeriu Butulescu, traduction par Genevieve Gomez
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Le Soliloque d'un menuisier
« Encore un clou ! plus qu’un, et ma besogne est faite.
« Je m’en doutais ; c’est drôle et, sans être prophète,
« Je m’étais toujours dit : « Ce riche mourra tôt. »
« Je n’ai pas épargné les bons coups de marteau,
« Et je puis me vanter que sa bière est parfaite !
« J’ai vu sa face : elle est horrible et stupéfaite !
« Il sera mort sans doute au milieu d’une fête.
« Bah ! cousons fortement son affreux paletot :
« Encore un clou ! »
« C’est le sort, chacun meurt : en bas, et sur le faîte.
« Tous les vainqueurs du monde ont chez moi leur défaite.
« Hélas ! j’aurai mon tour ! Un confrère bientôt
« Peut s’écrier, penché sur mon dernier manteau :
« — Sa bière, dans vingt ans, ne sera pas défaite.
« Encore un clou ! »
poésie de Maurice Rollinat
Ajouté par Poetry Lover
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L'Hypocondriaque
Enténébrant l’azur, le soleil et les roses,
Tuant tout, poésie, arômes et couleurs,
L’ennui cache à mes yeux la vision des choses
Et me rend insensible à mes propres malheurs.
Sourd aux événements que le destin ramène,
Je sens de plus en plus se monotoniser
Les sons de la nature et de la voix humaine
Et j’ai l’indifférence où tout vient se briser.
Et du jour qui s’allonge à la nuit qui s’attarde,
Automate rôdeur, pâle et gesticulant,
Je passe, inconscient des regards que je darde
Et du bruit saccadé que je fais en parlant.
Rien dont mon noir esprit s’indigne ou s’émerveille !
Mon œil incurieux vieillit la nouveauté ;
Et veillant comme on dort et dormant comme on veille,
Je confonds la lumière avec l’obscurité.
Et démon avec qui la terreur se concerte,
L’inexorable ennui me corrode et me mord,
Ne laissant plus au fond de mon âme déserte
Que la seule pensée horrible de la mort.
poésie de Maurice Rollinat
Ajouté par Poetry Lover
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Nocturne
L’aboîment des chiens dans la nuit
Fait songer les âmes qui pleurent,
Qui frissonnent et qui se meurent,
À bout de souffrance et d’ennui.
Ils ne comprennent pas ce bruit,
Ceux-là que les chagrins effleurent !
L’aboîment des chiens dans la nuit
Fait songer les âmes qui pleurent.
Mais, hélas ! quand l’espoir s’enfuit,
Et que, seuls, les regrets demeurent,
Quand tous les sentiments nous leurrent,
Alors on écoute et l’on suit
L’aboîment des chiens dans la nuit.
poésie de Maurice Rollinat
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C’est un crime d’avoir accusé de troubler la France ceux qui la veulent généreuse, à la tête des nations libres et justes, lorsqu’on ourdit soi-même l’impudent complot d’imposer l’erreur, devant le monde entier. C’est un crime d’égarer l’opinion, d’utiliser pour une besogne de mort cette opinion qu’on a pervertie jusqu’à la faire délirer. C’est un crime d’empoisonner les petits et les humbles, d’exaspérer les passions de réaction et d’intolérance, en s’abritant derrière l’odieux antisémitisme, dont la grande France libérale des droits de l’homme mourra, si elle n’en est pas guérie. C’est un crime que d’exploiter le patriotisme pour des œuvres de haine, et c’est un crime, enfin, que de faire du sabre le dieu moderne, lorsque toute la science humaine est au travail pour l’œuvre prochaine de vérité et de justice.
Emile Zola dans J'accuse… ! (1898)
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Route
Si tu attends le "Z" du présent
Tu seras fatigué à la fin de
parce que tu es allé par l'alphabet entier.
Tu verras le premier "A" inconsciemment prononcé
Perdu dans l’infini des souvenirs,
comme les gouttes de pleurs
Dans la coupe pleine de ce liquide incolore du présent.
Pensées inachevées qui flotteront chaotiques dans le néant,
Après que tout deviendra confus, absurde,
Dans un amalgame d'images, de sensations, de rêves, de sentiments...
poésie de Cornelia Păun Heinzel de Le Capital des Mots (4 août 2013)
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Et je pensais aussi ce que pensait Ulysse,
Et je pensais aussi ce que pensait Ulysse,
Qu'il n'était rien plus doux que voir encore un jour
Fumer sa cherninée, et après long séjour
Se retrouver au sein de sa terre nourrice.
Je me réjouissais d'être échappé au vice,
Aux Circés d'Italie, aux sirènes d'amour,
Et d'avoir rapporté en France à mon retour
L'honneur que l'on s'acquiert d'un fidèle service.
Las, mais après l'ennui de si longue saison,
Mille soucis mordants je trouve en ma maison,
Qui me rongent le coeur sans espoir d'allégeance.
Adieu donques, Dorat, je suis encor romain,
Si l'arc que les neuf Soeurs te mirent en la main
Tu ne me prête ici, pour faire ma vengeance.
poésie de Joachim du Bellay
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A une putain
Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête
En qui vont les péchés d'un peuple, ni creuser
Dans tes cheveux impurs une triste tempête
Sous l'incurable ennui que verse mon baiser.
poésie de Stephane Mallarme de Œuvres complètes (1983)
Ajouté par Simona Enache
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Les Martyrs
L’Horreur et le Dégoût lui bavaient leur poison
Quand la Vieille emmenait sa Manon toute pâle,
Car, un instant après, derrière la cloison,
Il entendait deux voix suffoquer dans un râle.
Ainsi donc ! grinçait-il, le voilà ton destin :
Jusqu’à ce que la mort t’arrache au dispensaire,
Tu pourriras ton cœur dans l’ennui libertin
Et tu vendras ton corps attendu par l’ulcère !
Et moi, j’irais toujours, sans trêve à mes tourments,
Cogner ma jalousie à ton peuple d’amants !
Non ! je hais ta jeunesse et je maudis tes charmes !
Mais il avait pitié de ses pauvres amours
Quand il voyait entrer par la porte en velours
Une apparition ruisselante de larmes.
poésie de Maurice Rollinat
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